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HORS-SERIE N°5 - Book Burning La Mite brûlée


11 > 13 FEV
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Les deux artistes font l'éloge de l'hybridation et de l'échappée belle

Après Une anthologie de l’optimisme mis au point avec le Canadien Jacob Wren, présenté au Théâtre de la Bastille en 2010, voici l’auteur/acteur flamand Pieter De Buysser de retour avec le plasticien Hans Op de Beeck pour Book Burning La Mite brûlée, un projet à deux mains ou plutôt avec objet et texte. Hans crée un objet, Pieter rédige et récite des phrases et les deux jouent ensemble à réinventer les « Wunderkammer », ces cabinets de curiosité où, autrefois, la somme des connaissances était rassemblée et diffusée de la façon la plus divertissante et plastique qui soit. Quitte à inciter pour cela à « brûler les livres » pour se libérer des prescriptions, effacer les traces et cultiver le muscle de l’imagination. Entre facétie et sérieux encyclopédique, les deux artistes font l’éloge de l’hybridation et de l’échappée belle, hors des sentiers « profilés » par les ordinateurs, et créent ce qu’ils appellent un « transformatador »…

L.D.

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HORS-SERIE N°5 - Book Burning La Mite brûlée [intégral]

Après être venu au Théâtre de la Bastille avec Jacob Wren pour présenter Une anthologie de l'optimisme, Pieter de Buysser présente cette saison Book Burning La Mite brûlée, un spectacle créé avec le plasticien Hans Op de Beeck et qui renoue avec le théâtre conté. Ce drôle de Flamand, mi-philosophe, mi-acteur, mi-écrivain, créature hybride qui n'aime rien tant que les mélanges, raconte, seul en scène, une histoire qui parle de livres et des choses dont on doit se débarrasser, de finance mondialisée et de la sagesse d'un rabbin, de science-fiction et de temps anciens, de ce qu'on doit cacher et de ce qu'on doit montrer…


- « Brûler les livres », c'est provoquant comme proposition… Je ne vise pas à produire quelque chose de choc mais cela évoque une question historique qui me hante depuis longtemps. On est tellement débordé, saturé d'informations que la question aujourd'hui est celle du tri. A l'époque des autodafés et de la censure, les choses étaient claires : il s'agissait d'interdire, de cacher. Aujourd'hui, c'est exactement le contraire, l'oppression s'abrite derrière la circulation libre, l'idée que tout est possible. La contestation elle-même est devenue désirable : les gouvernements peuvent alors dire « regarde comme je suis libéral ! ». On est libre de protester mais cela ne change rien, c'est extrêmement oppressif ! Le problème devient donc comment construire les filtres, comment se débarrasser des livres déjà écrits.
Mais au-delà de cette question politique, je suis très attiré par les écrivains qui ont voulu brûler leurs livres, comme Kafka, Valéry, Hoffmannsthal, Rimbaud… J'écris depuis toujours, je publie depuis que j'ai vingt-et-un ans mais j'ai toujours cette idée qu'il faut brûler l'écrit pour l'ouvrir à l'oral et à l'instant, le rendre vivant et l'offrir à l'interprétation, comme cette très vieille tradition talmudique qui veut que la loi orale interprète la loi écrite. Comme le dit le vieux rabbin en jetant le livre de la sagesse : « Lisez les cendres. »

- Et pourquoi avoir ajouté ce sous-titre mystérieux, « La Mite brûlée » ?
Je raconte l'histoire d'un homme passionné d'informatique, de science et de politique dont la passion est de déchiffrer le code ADN et celui de la macro-économie. C'est un activiste scientifique qui collabore avec WikiLeaks et il se trouve que son ventre produit de la lumière et donc attire les mites !
On peut décrire le phénomène, mais pas l'expliquer : a-t-il été contaminé dans un laboratoire de recherches, est-il empoisonné par les services secrets d'un pays que ses activités dérangent, ou est-il simplement paranoïaque ? Rien n'est exclu. Mais on ne le verra pas sur scène, c'est moi qu'il charge de raconter son histoire !

- Vous mélangez des registres très différents : il y a dans votre spectacle une dimension de conte onirique et une dimension très documentaire (vous parlez de Dexia, de Goldman and Sachs…) Pourquoi ?
Il faut ces deux dimensions, c'est-à-dire qu'il y a à la fois la nécessité d'être informé, et d'avoir accès à ce qui nous est caché, afin de pouvoir s'orienter comme citoyen, et celle de brûler ce qui a été écrit et prédéterminé pour nous : il faut maintenir la tradition de la césure et essayer d'être éternellement à l'avant-garde en quelque sorte ! Et de ce point de vue, je crois de plus en plus au théâtre dans ce siècle informatisé et digitalisé : c'est une rencontre physique, ici et maintenant, et ça brûle le texte…

Réalisation +
Conception : Pieter De Buysser et Hans Op de Beeck

Texte et interprétation : Peter De Buysser
Dramaturgie : Marianne Van Kerkhoven (Kaaitheater)
Lumière : Herman Sorgeloos

Production : Margarita Production
Coproduction : KunstenfestivaldesArts – Bruxelles, Kaaitheater – Bruxelles, Festival Baltoscandal – Rakvere (Estonie), Belluard Bollwerk International – Fribourg (Suisse), Teater Avant Garden – Trondheim (Norvège), Bit Teatergarasjen – Bergen (Norvège), Brut – Vienne (Autriche)
Project coproduit par : NXTSTP
Avec le soutien : du Programme culturel européen, de la Bibliothèque Royale de Belgique, du Göteborgs Dans et du Teater Festival – Göteborg (Suède), du Gouvernement flamand
Réalisation : Théâtre de la Bastille
Production : Valérie Wolters, Margarita Production

REVUE DE PRESSE

      • 13 févr. 2013

        Book Burning la mite brûlée Pieter De Buysser et Hans Op de Beeck au Théâtre de la Bastille /

      • 6 févr. 2013

        Sur un plateau /