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Théâtre de la Bastille

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La Mouche, l'archange... « exploration n°2 »


16 > 20 MARS
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danse

Une belle paire de clowns qui swinguent et qui rêvent mais qui entendent bien causer jusqu'au bout.
« Essayez un peu de nous virer de là » avertissent-elles avec force.

Le duo est inattendu. L’une est comédienne, c’est la grande Viviane De Muynck, lumière de plein de feu, inoubliable présence dans les pièces de Jan Lauwers, notamment dans La Chambre d’Isabella au Théâtre de la Bastille et au Festival d’Avignon. L’autre est danseuse, c’est la puce Christine Corday, verbe leste et jambe vive, elle stroboscope les pièces de Dominique Boivin. Ensemble pour la première fois, elles parlent de l’absurde, thème qui est le fil conducteur d’un spectacle plein d’élan et d’audace. Un montage de textes divers, de Mark Twain au poète Jean-Pierre Verheggen, soutient ce théâtre de situations pour parler du monde avec déraison et extravagance, plaisir et gourmandise. Toutes deux entendent bien causer jusqu’au bout. « Essayez un peu de nous virer de là » avertissent-elles avec force. A.L.

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La Mouche, l'archange... « exploration n°2 » [intégral]

Entretien avec Christine Corday et Viviane de Muynck- Aude Lavigne

Question Aude Lavigne  : Christine Corday, Viviane de Muynck, c’est la première fois que vous travaillez ensemble, qu’est-ce qui a motivé ce duo et comment vous êtes-vous rencontrées ?

Christine Corday  : J’ai écrit une lettre à Viviane De Muynck. Je l’ai vu jouée pour la première fois en 1999 au Théâtre de la Ville dans une pièce qui s’appelle Morning song de Jan Lauwers et je me suis tout de suite dit « elle est super cette femme ! » Depuis longtemps, j’avais envie de monter une pièce sur le thème de l’absurde, envie de travailler avec quelqu’un qui a voyagé avec le texte, qui l’a mis « en place ». J’ai donc écrit une lettre à Viviane de Muynck. J’adore son mouvement, son corps dans l’espace, sa manière de dire le texte. Quand je la vois sur scène, je sens qu’elle est proche de moi, je suis émue par le fait de me sentir si proche. Je suis fascinée par sa manière de dire les mots, il y a un mouvement des mots à l’intérieur de son corps. Elle les étire, elle les montre, elle les met dans l’espace. C’est quelque chose que je recherche mais que je n’ai pas. Dans la lettre que je lui ai envoyée, je me suis présentée, je lui ai raconté mon parcours et notamment le fait que j’ai commencé le métier à trente-cinq ans car avant j’étais secrétaire de direction. J’avais envie qu’elle sache qui j’étais, d’où je venais, c’était ma manière de lui dire que j’avais envie de travailler avec elle, car ce que j’aime, c’est son humanité sur le plateau, c’est ce qui me bouscule et me bouleverse.

Question Aude Lavigne : Viviane de Muynck, comment avez -vous réagi à la lecture de cette lettre ?
Viviane de Muynck : Immédiatement je me suis dit : «  Tiens c’est très bizarre » parce que c’est une personne qui a commencé le spectacle assez tard dans sa vie, qui a fait autre chose, et moi aussi j’étais secrétaire de direction avant d’être comédienne, moi aussi j’ai reçu une formation artistique quand j’ai eu trente ans. Il y avait donc des similitudes dans notre trajet. En même temps, elle me proposait une recherche très différente de ce que je fais habituellement où les gens me sollicitent avec une idée de texte ou une idée de personnage possible. Nous nous sommes rencontrées sur l’absurdité de nos propres vies, sur le hasard des rencontres qui ont jalonné nos vies. Il s’agissait de nous réunir autour de notre passion commune de la découverte, de nous rencontrer dans ce monde vaste de l’inconnu et de l’explorer ensemble. J’ai tout de suite dit oui. Dans le travail en commun nous avons été très complémentaires. Par sa manière de bouger et de penser, elle fait jaillir de l’imprévisible, de l’inattendu. J’apporte le sérieux et la réflexion à Christine Corday, elle m’apporte l’humour et la possibilité de m’emballer, la possibilité de proposer des idées.


Question Aude Lavigne : Le thème de l’absurde est le fil conducteur de votre réflexion, comment avez -vous construit cette pièce ?


Christine Corday : Au départ notre bible a été L’Anthologie de l’Humour noir d’André Breton, nous aimons toutes les deux le surréalisme et les auteurs de l’entre-deux-guerres. Ce texte nous a incité à penser l’idée de la création du monde, nous nous sommes alors penchées sur le de Mark Twain. À partir d’Adam et Ève, nous avons remonté la source jusqu’aux anges Journal d’Adam et le journal d’Ève qui nous a mené vers la figure de l’Archange, être qui est placé au dessus de l’ange dans la hiérarchie angélique. Au monde céleste nous avons alors mis en parallèle les terriens…


Viviane de Muynck : Nous tentons, en nous appuyons sur différents textes, de faire vivre l’absurdité de ce monde. Nous avons lu beaucoup de textes, mais ce qui compte, c’est de trouver du matériel avec une certaine humanité afin de pouvoir prétendre, par exemple, que nous sommes des Archanges ou que Christine est Eve et moi Adam. Nous cherchons à la fois l’innocence et les paradoxes. Comme dans la peinture des primitifs flamands, la pièce se présente en triptyque. Il y a un monde céleste, celui que nous, protagonistes de la pièce, connaissons bien, puis nous sortons de ce monde céleste en proposant un « sketch » sur une possible création du monde pour en arriver au monde d’aujourd’hui. C’est une exploration.

Réalisation +
De et avec Christine Corday et Viviane De Muynck

Lumière Valérie Sigward

Production les 3C
Coproductions et accueils en résidence La Ferme du Buisson - Scène nationale de Marne-la-Vallée, Le Merlan - Scène nationale de Marseille, La Scène nationale de Sète et du Bassin de Thau, Le Volapük / Tours
Réalisation Théâtre de la Bastille
Production et administration les 3C / Emmanuelle Paty-Lacour
Diffusion Lien Juttet
Création les 12, 13, 14 novembre 2010 à La Ferme du Buisson

REVUE DE PRESSE

      • 4 mai 2011

        Une plasticienne qui voit rouge /