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Théâtre de la Bastille

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P.O.M.P.E.I. 2ème fouille


08 > 19 DEC
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danse

Le corps est un langage que Caterina Sagna, en véritable archéologue du vivant, traque et révèle de ses formes les plus enfouies à ces manifestations les plus sculpturales.

Durée : environ 1h15

Honorée du Grand Prix du Syndicat de la Critique pour sa pièce Basso Ostinato, présenté avec succès en 2007 au Théâtre de la Bastille, Caterina Sagna revient avec sa dernière création. Dans un dialogue subtil entre des corps sur scène et des corps projetés, entre des corps jeunes et des corps d’âges mûrs, entre des corps aguerris au mouvement et des corps moins lestes, la chorégraphe italienne poursuit sa fresque sensible sur le mystère expressif et émotif de la danse. A.L

Spectacle accueilli avec le Festival d'Automne à Paris et le Théâtre de la Ville de Paris

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P.O.M.P.E.I. 2ème fouille [intégral]

Entretien avec Caterina Sagna

Caterina Sagna, comment est né ce dernier projet, intitulé P.O.M.P.E.I., que vous présentez au Théâtre de la Bastille ?
Je voulais travailler avec la même équipe que celle de la pièce Basso Ostinato. Une pièce qui a eu beaucoup de succès mais je ne voulais pas me reposer sur cette réussite. On s’est demandé quelle forme cela pouvait prendre pour approfondir le travail. Cependant, ce n’est pas exactement la même équipe. En plus des trois interprètes masculins de Basso Ostinatto, il y aura trois femmes : Viviane De Muynck, Maria Fossati, Elena Paccagnella. Cette dernière est la fille de Mauro Pacagnella qui est l’un des trois danseurs. Mais ce qui est très important, c’est qu’elles sont présentes seulement en vidéo.

Est-ce que comme le titre le suggère, P.O.M.PE.I., vous vous êtes inspirée de ce site archéologique ?
Ce qui m’intéresse dans cette nouvelle pièce, c’est de travailler notre propre perception entre ce qui est « avant » et ce qui est « après ». Pour moi, les fossiles ou les moulages des corps, ça peut être après ou avant, ça dépend de notre propre vision. J’ai l’impression que ces moulages de Pompéi sont le passé et le futur. Leur existence réveille en nous l’idée de notre fin. Mais le fossile, c’est une forme pure, c’est à partir de cette forme qu’on commence à se raconter une histoire, la manière dont il a vécu. C’est un témoignage de quelque chose qui est très précis et en même temps très partiel, donc c’est un discours sur la forme. Cette forme immobile est une forme qui nous semble parfaite parce que c’est tout ce qu’on a. Mais en même temps elle est déficitaire, c’est un reste, un vide, un trou dans la forme.

Comment vous construisez ce projet ?
La première étape de mon travail pour cette pièce est un questionnement des trois danseurs entre la forme qui bouge, c'est-à-dire eux en tant que danseurs qui bougent, qui sont en mouvement, et l’immobilité des corps de Pompéi. Qui parle le plus ?
La deuxième étape s’effectue toujours avec eux, en chair et en os sur scène, mais mis en regard des images des trois femmes. Pour les danseurs sur scène, on peut penser qu’ils sont interchangeables, parce qu’ils ont un corps qui fonctionne d’une certaine façon, qui est entraîné à faire beaucoup de choses, à s’adapter. Alors que les trois femmes occupent des espaces différents et ont aussi un temps différent, un âge différent, de la préadolescente à la femme mûre. Peut-être sont-elles dans un certain au-delà et qu’elles n’ont pas besoin de parler ? Je ne sais pas encore. C’est ce qui me fait penser aux fossiles, je voudrais travailler de la même façon avec les images. Sans les contraintes que les corps ont sur scène avec cette obligation de respirer, de faire marcher le corps. Les trois femmes n’ont pas à s’occuper de ça parce qu’elles sont des images. Comme les fossiles.

Ce que je souhaite pour cette pièce c’est qu’il y aura une sorte d’énergie positive comme dans Basso Ostinato. Il y avait une défaite, une descente vers le bas mais à la fin, ce n’est pas déprimant, il y a une sorte d’énergie qui se dégage. Je cherche cela. Même quand on arrive à l’immobilité, j’espère que cette forme ultime est pleine d’énergie pour continuer. Je n’ai pas envie de faire de ce spectacle le cadre d’une catastrophe inutile.

Aude Lavigne

Réalisation +
Chorégraphie Caterina Sagna
Dramaturgie Roberto Fratini Serafide

Avec Alessandro Bernardeschi, Antonio Montanile, Mauro Paccagnella
Interprètes vidéo Viviane De Muynck, Maria Fossati, Elena Paccagnella

Décor et costumes Tobia Ercolino
Conseiller musical Luca Berni
Lumière Philippe Gladieux
Réalisation et montage vidéo Daniele Riccioni
Directeur de la photographie Davide Becheri
Prise et montage audio Carlo Bottos

Organisation et diffusion Céline Gaudron
Administration Dominique Mahé

Production Compagnie Caterina Sagna, Association Next – Rennes
Coproduction Napoli Teatro Festival Italia–Naples, Théâtre Garonne–Toulouse, Théâtre de la Bastille, Théâtre de la Ville, Festival d’Automne à Paris, Théâtre de l’Agora–Scène nationale d’Evry et de l’Essonne, Pôle Sud–Strasbourg–Scène conventionnée pour la danse et la musique
Avec le soutien de HenPhil Pillsbury Fund, The Minneapolis Foundation & King’s Fountain
En compagnie de l’Adami

Compléments biographiques dans le dossier de presse

REVUE DE PRESSE

      • 15 déc. 2008

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