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Théâtre de la Bastille

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Ce monologue en forme de conférence autobiographique joue des multiples sédimentations dont sont constitués nos êtres tout en développant de manière onirique et visuelle un autre espace temps, celui provoqué par la rencontre de l'autre. Magnifique.

Durée : 1h15

Rabih Mroué et Tony Chakar sont libanais, respectivement metteur en scène et architecte. Tiago Rodrigues est un acteur et un dramaturge portugais. Ils ont construit une fable philosophique d’une grande force émotive. C’est l’histoire d’un homme, Tiago Rodrigues, qui se rend à Beyrouth. Perdu dans cette ville détruite, il cherche son chemin, croise d’autres êtres qui comme lui cherchent leur route, tous s’appellent Tiago Rodrigues... A.L

Spectacle accueilli avec le Festival d'Automne à Paris

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L'Homme d'hier [intégral]

Interview de Tiago Rodrigues pour le spectalce L’Homme d’hier
Tiago Rodrigues, quel est le point de départ du spectacle intitulé L’Homme d’hier ?


C’est une commande à l’initiative de Mark de Putter, directeur du festival Alcantara. Il s’agissait de travailler autour de l’idée des villes méditerranéennes, dans le cadre d’un programme intitulé « Lieux Imaginaires ». Mark de Putter m’a proposé de travailler avec l’artiste libanais Rabih Mroué car il percevait des affinités entre nos projets autour d’une certaine pensée du politique au théâtre. Je connaissais le travail de Rabih Mroué et lui me connaissait comme le portugais qui travaille avec les tg Stan. Donc, au départ, cela se présente un peu comme si un problème est posé et il faut y apporter une solution.
Nous nous sommes donc rencontrés, je suis allé en décembre 2006 à Beyrouth, puis Rabih Mroué est venu à Lisbonne. Notre rencontre a été évidente, nous avons des intérêts communs et un processus de travail similaire.
Nous avons décidé de construire le spectacle en partant de nous, de notre rencontre. Son travail repose beaucoup sur la ville de Beyrouth et je suis au contraire habitué à traverser les frontières. Je suis plus lié à l’idée de sortir d’un espace et lui est plus attaché à travailler dans un espace. Donc on est parti sur cette idée de construire un objet théâtral qui est comme un portrait de Rabih Mroué qui reste à Beyrouth et moi qui lui rend visite, comme si il était mon guide.
Mais en pensant au titre du programme « Lieux imaginaires », nous souhaitions associer quelqu’un avec un discours poétique sur Beyrouth, car ce n’est pas le cas du travail de Rabih Mroué, qui évoque des réalités politiques à la manière d’un documentaire. Tony Shakar, artiste visuel libanais, apporte ainsi son approche plus romantique. Nous avons réellement écrit ce projet à six mains.

Comment avez-vous construit la trame de votre histoire ?
Nous sommes partis de cette idée que dans chaque ville il y a plusieurs villes. A Beyrouth, c’est manifeste. Chaque quartier est une ville différente, avec des espaces et des cultures distinctes. Puis on a évoqué Jorge Luis Borges et ses Hétéronomies, autour de cette idée de rencontrer un autre qui est toi.
L’histoire s’est alors construite : il y a Tiago Rodrigues qui visite Beyrouth et qui rencontre d’autres Tiago Rodrigues. Ils sont différents car chacun a visité une « Beyrouth » autre. Ensemble ils pourraient donner une idée totale de Beyrouth mais ça ne marche pas car tous ensemble, ça ne marche jamais. Ils ne se comprennent pas les uns les autres comme la ville, en fait. Les différentes parties de la ville co-existent mais ne se comprennent pas. Il y a cinq Tiago Rodrigues dans la pièce et nous nous les sommes répartis entre nous trois et nous nous sommes mis à écrire… Tony Shakar a donné à l’ensemble de ses écrits leur cohérence linéaire.


Quelle forme théâtrale prend le spectacle ?
Sur scène, je suis seul assis et je raconte mon voyage à l’aide de projections de cartes de la ville et d’autres éléments comme les passeports des différents Tiago. C’est un peu comme une conférence. C’est ma présence de comédien, avec mes choix de jeux, dans l’espace de Rabih Mroué, dont les spectacles ressemblent à des conférences. C’est donc encore une visite.
C’est une fiction mais ce n’est pas faux. Quand on reste un mois, comme je l’ai été, complètement perdu dans une ville, on peut aussi rencontrer sa propre identité et se démultiplier.
C’est une histoire fantastique qui croise les fantômes de l’imaginaire de Beyrouth et ceux de la tradition portugaise. Il y a une mélancolie ironique qui est commune à nos cultures. C’est une manière de visiter cette ville qui ressemble à une vision.

Et vous jouez le spectacle en français ?
J’aime beaucoup travailler dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle. Bien sûr, on perd la tradition des mots, l’affinité avec eux, mais on gagne la liberté de la transgression. On peut choisir d’être plus naïf et plus innocent, on peut jouer avec les mots, ce que s’interdiraient des comédiens français, et ce qui permet cependant au public de se rappeler sa propre langue, de la réentendre. J’aime beaucoup cette langue. Elle est élégante et elle possède un « staccato » qui est très beau à utiliser sur scène.

Aude Lavigne

Réalisation +
Création Tiago Rodrigues, Rabih Mroué et Tony Chakar

Avec Tiago Rodrigues

Décor et création lumière Thomas Walgrave
Production exécutive Magda Bizarro
Assistante Joëlle Aoun

Production Mundo Perfeito et Alkantara
Coproduction Théâtre de la Bastille, Théâtre de l’Agora-Scène nationale d’Evry et de l’Essonne
dans le cadre du projet « développement culturel » de la Région Île-de-France


Avec le soutien de la Direction Générale des Arts, Ministère de la Culture (Portugal) et l’aide de l’Institut Camões (Lisbonne), Ashkal Alwan (Beyrouth) et Teatro Maria Matos (Lisbonne)

Ce spectacle a été présenté à Girona, Marseille, Lisbonne, Ljubljana et Cagliari dans le cadre de Sites of Imagination avec le soutien du programme culturel de l’Union européenne

Collaboration pour la version française Judith Davis

Compléments biographiques dans le dossier de presse.

REVUE DE PRESSE

      • 4 déc. 2008

        Dans un Beyrouth fantôme, cinq fois le même homme piste son identité /