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Jean la Chance


05 JANV > 01 FEV
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Ce texte, l'un des tous premiers jamais écrits par Bertolt Brecht, s'inspire d'un conte de Grimm.

Durée : 1h15

Ce texte, l’un des tous premiers jamais écrits par Bertolt Brecht, s’inspire d’un conte de Grimm. Mis en scène et en musique avec force guitares par François Orsoni, il tient autant du récit initiatique que de la ritournelle, le héros passant régulièrement par des épreuves où il s’agit d’échanger une chose – ou une personne– contre une autre. Ce faisant, il amorce une réflexion sur la valeur d’échange qui ne cessera de travailler l’oeuvre de Brecht. Réflexion qui consisterait dans un monde où l’on évalue l’homme à l’aune de la marchandise et à s’interroger sur les conséquences aussi folles que désastreuses d’une telle équation. H.L.T

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Jean la Chance [intégral]

Même si elle s’inspire d’un conte de Grimm, cette pièce du jeune Bertolt Brecht témoigne déjà des préoccupations qui ne cesseront de travailler l’½uvre du dramaturge. L’espace dans lequel se déploie Jean la Chance est avant tout celui d’une instabilité sans repos. Comme Comme dans un roman d’expérience, Jean, le héros qui donne son titre à la pièce, est en route, un peu à la façon d’un jeune homme qui découvrirait jour après jour les complications de la vie. Mais ce qui meut la pièce, ce qui la relance systématiquement, ce sont les échanges qui régulièrement apparaissent comme autant d’épreuves que Jean doit négocier. A chaque fois, entrer en possession de quelque chose de nouveau signifie qu’en même temps, autre chose doit être abandonné – et donc perdu. D’où la portée symbolique évidente de ces trocs peu ordinaires. Car il y a toujours quelque chose d’arbitraire et de disproportionné dans les échanges auxquels Jean est confronté. L’être humain y étant, notamment, assimilé à un objet parmi d’autres.

« Ce que Jean a le plus de mal à troquer, c’est son épouse, remarque François Orsoni. Cela prend du temps. Il résiste. Ne peut l’accepter d’emblée. C’est une négociation très âpre avec beaucoup d’arguties et de cynisme. » Cependant l’affaire se fait. Et c’est le début d’une longue série que le metteur en scène traite un peu à la façon d’une ritournelle. La musique joue d’ailleurs un rôle essentiel dans ce spectacle en partie chanté avec force guitares, boîte à rythme et claviers dans une énergie punk. « Ce qui relie les personnages dans cette pièce, c’est le troc, une forme d’échange commercial. Le troc est partout. Et ce qui est intéressant dans cette affair,e c’est que Brecht installe au milieu de tout ça un personnage qui ne connaît pas le mode d’emploi, qui n’a pas l’expérience de cet univers impitoyable des échanges commerciaux. Et, au fond, cela me semble même d’autant plus intriguant qu’à l’époque Brecht n’était pas encore marxiste. »
Pourtant, on sent bien dans ce texte comment naît chez le dramaturge cette vision de l’échange et de la perte - de soi -de ce que l’on possède ou de ce que l’on est dans cette relation humaine construite avant tout sur le troc ou les échanges commerciaux. Ainsi Jean la Chance préfigure des pièces aussi différentes mais travaillées par le même thème que, par exemple, Dans la jungle des villes ou Homme pour homme.

Titulaire d’un DEA en économie, François Orsoni est évidemment très sensible à cette vision de la société basée sur des rapports uniquement commerciaux. Son mémoire de DEA portait d’ailleurs sur la question de savoir si la monnaie est une richesse. Après quelques expériences dans le monde de la finance qui le conduiront, entre autres, à vivre un an à San Francisco aux Etats-Unis, il laisse tout tomber pour se lancer dans le théâtre et finalement créer sa propre compagnie en Corse en 1999. Mais c’est d’abord la dimension du conte qui l’a conduit à mettre en scène Jean la Chance. « J’aime beaucoup les fables, les contes populaires et particulièrement ceux de Grimm dont la portée symbolique est très forte. Ce texte, qui est l’un des premiers jamais écrist par Brecht, est inachevé. Il propose d’ailleurs plusieurs fins. Mais là-dedan,s ce qui m’a plu aussi, c’est la dimension de combat, de troc, récurrente et même centrale. Car cela bataille dur tout du long. Et Jean n’est pas passif, il tend vers quelque chose, même si l’on ne sait pas vraiment quoi. Or c’est très stimulant de travailler ça avec des comédiens. Le théâtre devient vraiment le lieu de l’échange. Et c’est important car pour moi le théâtre, ce sont d’abord et avant tout les acteurs. C’est d’eux que je pars toujours, plus encore que du texte. »

Hugues Le Tanneur

Réalisation +
Texte inachevé de Bertolt Brecht.
Texte français de Marielle Silhouette et Bernard Banoun
Mise en scène François Orsoni

Avec Suliane Brahim, Alban Guyon, Clotilde Hesme, Tomas Heuer, Thomas Landbo

Musique Tomas Heuer
Scénographie Florence Doléac
Lumière Jean-Luc Chanonat
Son Rémi Berger
Direction technique François Burelli

L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.

Production Théâtre de NéNéKa
Coproduction Mains d’oeuvres, Collectivité territoriale de Corse, Lazaret Ollandini, Ville d’Ajaccio, Théâtre de la Bastille

Administration Julie Allione

En partenariat avec France Inter

REVUE DE PRESSE

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