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Théâtre de la Bastille

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Hors-Série / Tâtez là si j'ai le coeur qui bat


05 > 07 FEV
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Comment jouer Tchekhov ? Comment ensemble, rêver Tchekhov ? - Comment se rêver soit-même ? - Comment entendre et donner à entendre ce que Tchekhov dit de nous ?

Durée : 1h15

Il n’y aura pas de héros, mais « les hommes les plus normaux du monde ». Avoir soif… Avoir faim… Et les observer, ces Nina, ces Platonov, ces Anna Petrovna, ces Vania, ces Treplev, ces Macha, ces Ivanov, ces Ossip…
Il n’y aura pas une pièce particulière de Tchekhov, mais six comédiens partis, comme ça, à tout hasard, voir où cette oeuvre pouvait bien les mener. En route, ils découvrent que c’est leur mémoire qui les guide.
Il y a, à les observer, ces six comédiens, qui ont soif, qui ont faim, qui ont le coeur qui bat en observant ce que Tchekhov dit de nous, comme un coeur a besoin de la main d’un autre pour se sentir battre.
Car, oui, « nous ne vivons ni avec la vérité, ni avec la beauté mais avec les autres hommes. »
Aurélie Leroux

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Hors-Série / Tâtez là si j'ai le coeur qui bat [intégral]

Il y a quelque chose qui hante acteurs et metteurs en scène dans l’oeuvre de Tchekhov. Plus que l’intrigue, ce qui se joue dans le théâtre, dans les nouvelles de Tchekhov, est une observation aiguë de l’homme, pris entre ses rêves, ses fantasmes, sa difficulté et son désir de vivre, sa conscience
de la mort, ses échecs. Pas une histoire seule qui se raconte mais, à la manière d’une ½uvre musicale, un entremêlement d’histoires, d’échos où se côtoient et s’indistinguent le dramatique, le quotidien, le sérieux et le banal, où d’infimes détails rappellent avant toute chose que « nous ne vivons ni avec la vérité, ni avec la beauté, mais avec les autres hommes ». « Vivre avec les autres hommes », cela Tchekhov, médecin, écrivain, le creuse, le teste, le cherche, et c’est ce qui fait que son art se préoccupe autant des menus faits de la vie, des à-côtés, de l’existence telle quelle. Il y a chez Tchekhov, non seulement une proposition de vie, mais aussi (et qui en découle) une proposition de théâtre. Oui, on rêve de jouer du Tchekhov, de monter du Tchekhov, parce qu’il fait du Théâtre un lieu où l’on s’apporte soi-même.
En lisant, en relisant cette oeuvre, j’ai, quant à moi, non pas eu envie de monter une pièce particulière de Tchekhov, mais – et parce que c’est, à mon sens, au centre de son écriture – de proposer aux acteurs un champ de recherche, une expérience où se joueraient la mémoire, le fantasme, le temps, le devenir de chacun et ce par, avec, et autour de Tchekhov.
Tchekhov ne cesse de parler de l’artiste, de l’acteur, de ses rêves, de ses impuissances, de son rapport au monde et aux autres. Il ne cesse de questionner ; « comment faut-il écrire ? », « comment faut-il jouer ? », « comment on parle et on pense ? ». Il s’agirait donc, pour nous, d’aller au coeur de ces questions, faire du plateau un espace où nous testons différentes frontières : – Comment jouer Tchekhov ? – Comment, ensemble, rêverTchekhov ? – Comment se rêver soi-même ? –
Comment entendre et donner à entendre ce que jouer Tchekhov dit de nous ?
Comment composer non pas un rêve commun, mais une communauté de rêveurs ? Suivant les mouvements, les échos, les entrelacs qui nous feront constamment aller de nous à Tchekhov, de Tchekhov au public, du public à nous, nous partirons de différents matériaux : des scènes extraites de l’oeuvre de Tchekhov, des résumés de pièces, des réminiscences, des phrases qui nous hantent, des extraits de spectacle vus sur Tchekhov, des parcours physiques, des surgissements de figures de l’univers de Tchekhov…
Nous pillerons Tchekhov pour nous piller nous mêmes, et inversement.
« Je me pille moi-même et je vous pille au détour de chaque phrase, de chaque mot, et je me hâte de ranger toutes ces phrases, tous ces mots dans mon garde-manger littéraire. » (Trigorine dans La Mouette)

Réalisation +
d'après Anton Tchekhov
"Ecriture collective" et extraits de textes de l'oeuvre de Tchekhov, dans la traduction d'André Markowicz et Françoise Morvan

Mise en scène Aurélie Leroux

Comédiens et assistants à la mise en scène Mathieu Bonfils, Roxanne Cleyet-Merle, Laurent Coulais, Marion Duquenne, Franck Gazal, Sophie Lacoste, Aurélie Tardy.

Scènographie et création sonore Thomas Fourneau
Lumière Laurent Coulais
Construction du décor Janvier Florio

Remerciements Comptoir de la Victorine, Alexandra Bina, Nancy Madiou, Librairie l'Histoire de l'oeil.

Production La Compagnie d'A Côté
Coproduction Théâtre des Bernardines
Avec le soutien de La Ville de Marseille