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Théâtre de la Bastille

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Hors-Série / Listen to me


10 > 13 FEV
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Ecouter un texte de Gertrude Stein, c'est accepter de lâcher prise, entrer dans un rapport rythmique et organique à la langue.

Ecouter un texte de Gertrude Stein, c’est accepter de lâcher prise, entrer dans un rapport rythmique et organique à la langue.
Emma Morin est comédienne, passionnée par l’oralité. Elle a aussi une formation musicale et une grande sensibilité aux arts plastiques. La rencontre avec Gertrude Stein, écrivain, mécène, toujours en quête de formes nouvelles, s’imposait comme une évidence. Une joyeuse évidence.
Gertrude Stein écrit Listen to me en anglais en 1936, puis le traduit en français. Elle aurait dû le monter avec Francis Picabia mais le contexte politique en a décidé autrement. Quelque chose s’affole dans cette écriture où les scènes et les actes parlent, comme un chaos qui met en cause le principe même de la représentation. Pour faire entendre la voix de Gertrude Stein, Emma Morin a imaginé une chambre d’écho : une table, une chaise, des lumières de couleur. On oublie alors la raison pour faire confiance à la perception. Sophie Joubert Texte publié dans la revue littéraire Luna-Park # 2 / nouvelle série / hiver 2004-2005, Transédition.

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Hors-Série / Listen to me [intégral]

Entretien avec Emma Morin

Comment avez-vous entendu parler de ce texte de Gertrude Stein ?

Listen to Me est l’un des rares textes que Gertrude Stein ait traduits elle-même. Picabia devait signer la scénographie, mais la montée du nazisme a empêché le projet d’aboutir.
Je cherchais un texte pour une voix et c’est Marc Dachy, le principal traducteur de Stein en France, qui m’a remis le manuscrit.
Ça fait longtemps que je travaille sur l’oralité, la puissance des mots. J’ai une formation musicale et je m’intéresse aux questions de dynamique, de cadence, de contrepoint. J’ai pensé au travail de John Cage. C’est vraiment un texte physique, organique, que tout le monde peut entendre. Stein maltraite la syntaxe. Il faut accepter de ne pas comprendre, oublier les repères qu’on a quand on s’assoie dans une salle pour écouter un texte.

De quoi parle Listen to me ?

Il y a plusieurs pistes. D’abord une digression autour du monde du théâtre et de la représentation avec les scènes, les actes, le rideau, qui eux-mêmes deviennent des personnages. Ensuite, une histoire d’amour entre Doux William et Lilian, un couple d’amis de Stein.
C’est aussi une réflexion sur la modernité, le rapport aux mathématiques, aux chiffres, l’arrivée du progrès, de la technicité. Listen to Me est un joyeux chaos, comme une petite comptine. J’ai tout de suite pensé à Alice au pays des merveilles.

Quelle forme avez-vous adoptée sur le plateau ?

Je voulais amener sur le plateau la question de la lecture, et donc de l’écriture, par la présence d’une table. La réalisatrice Carole Cheysson a imaginé un dispositif de page blanche projeté sur un écran qui se noircit à mesure que je lis. Je projette aussi un extrait de La Casa Ideale, le film du plasticien Erwan Mahéo : un plan fixe d’un lieu post industriel traversé par la lumière. C’est comme une chambre d’écho. J’ai aussi pensé aux installations lumineuses de James Turrell dans les années soixante.
La voix est très importante. Je voulais qu’on oublie presque le corps, qu’on ne voit pas l’acteur. Ce spectacle n’aurait pas eu lieu sans Laurent Bénard, l’éclairagiste. C’est la lumière qui fait la mise en scène.

Sophie Joubert

Réalisation +
Texte de Gertrude Stein

Conception et jeu Emma Morin
Lumière Laurent Bénard
Film Erwan Mahéo
Vidéo Carole Cheysson
Assistant plateau Marc Perrenes

Production La Fonderie – Le Mans
Avec le soutien de Movimientos

Réalisation Théâtre de la Bastille

REVUE DE PRESSE

      • 9 janv. 2009

        A travers quelques phrases... /