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de la bastille

Théâtre de la Bastille

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Le noeud de la pièce, c'est la question du terrorisme abordée en quelque sorte de l'intérieur. Jusqu'où peut-on aller pour défendre son idéal ?

Lun 14, mar 15, mer 16, ven 18, sam 19, mar 22, mer 23, sam 26, dim 27, mar 29, mer 30 (nov), jeu 8, ven 9, sam 10, dim 11, mar 13, mer 14, jeu 15 (dec). Spectacle à 19h30 dimanche à 15h30.

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Texte de José Luis Peixoto, de et avec Jolente De Keersmaecker et Tiago Rodrigues. Lumière Thomas Walgrave. Costumes An D'Huys. Production Tg STAN. Coproduction Festival d'Automne à Paris, Théâtre de la Bastille, Culturgest Lisbonne.

C'est par l'intermédiaire de Tiago Rodrigues, comédien portugais avec lequel Tg Stan travaille régulièrement, que Jolente De Keersmaeker a fait la découverte de José Luis Peixoto. « J'ai lu son premier roman, Sans un regard, que j'ai adoré. Ce livre d'un jeune auteur de vingt-six ans m'a beaucoup touchée. C'est quelqu'un qu'il faut lire absolument. Il a un langage qui fouille en profondeur vers la racine des choses. Son écriture joue sur la récurrence des motifs. Il exhume des blessures enfouies, des histoires douloureuses, oubliées ou dissimulées. Très vite, j'ai eu envie de le rencontrer, ce qui était facile grâce à Tiago. » Un premier contact a lieu à Lisbonne en septembre 2004. Jolente De Keersmaeker propose alors à José Luis Peixoto d'écrire un texte qu'elle et Tiago Rodrigues interpréteraient. Auteur jusqu'ici de deux romans et de plusieurs recueils de poésie, le Portugais lauréat du prix Saramago n'a cependant jamais écrit pour le théâtre. « Il n'a pas voulu adapter un de ses textes pour en faire une version scénique, mais nous donner quelque chose de nouveau. Du coup, une relation s'est engagée. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises pendant le processus d'écriture. C'était quelque chose d'inhabituel pour lui, mais il était en même temps très demandeur. » Cette fois, ce n'est pas dans les récits de l'enfance que l'auteur a été puiser sa matière, mais en Tchétchénie. Le nœud de la pièce, c'est la question du terrorisme abordée en quelque sorte de l'intérieur. Jusqu'où peut-on aller pour défendre son idéal ? Quand la cause est juste, quels moyens peut-on mettre à son service ? Comment répondre à la violence qui vous est faite ? La situation du peuple tchétchène livré depuis 1994 aux exactions de l'Armée russe et abandonné par la communauté internationale soulève une foule d'interrogations. Mais la violence en retour, quand elle se manifeste à travers des actes terroristes comme la prise d'otages à l'école de Beslan en septembre 2004, a aussi de quoi déconcerter. « Attention, ce spectacle ne sera pas un documentaire sur la Tchétchénie, prévient Jolente De Keersmaeker. Ce qui est traité à travers la réalité tchétchène, c'est la question plus générale de la violence et du terrorisme. » Sujet brûlant, difficile. C'est justement cela qui motive la comédienne considérant que Tg Stan ne doit pas seulement monter des textes du répertoire, mais s'associer comme c'est le cas ici à des processus d'écriture avec des auteurs contemporains.
La compagnie se produit régulièrement au Portugal où elle mène des ateliers. C'est d'ailleurs à Lisbonne que Bérénice de Racine a été créée la saison passée. En revanche, c'est au Théâtre de la Bastille que l'on pourra donc découvrir le premier texte de José Luis Peixoto jamais écrit pour le théâtre. Avec, aux côtés de Jolente De Keersmaeker, Tiago Rodrigues qui jouait déjà Hémon dans Les Antigones et certains soirs dans Tout est calme (Maître).
La comédienne aime les échanges et se confronter à des défis. Par exemple, comment faire passer du texte dans un spectacle de danse ? Il y a là une énigme. Comme si les mots et les mouvements chorégraphiés s'excluaient réciproquement. À la demande de sa sœur, la chorégraphe Anne-Teresa De Keersmaeker, elle a participé à plusieurs ateliers au sein de P.A.R.T.S., l'école de danse que celle-ci dirige. « C'est un trajet que nous suivons, Anne-Teresa et moi. Il en est sorti des spectacles comme I Said I ou Just Before. Et plus récemment Cassandre où l'on essayait de découvrir comment on peut s'y prendre quand des danseurs doivent assumer un récit. C'est une expérience pleine d'enseignements où l'on ne cesse de découvrir de nouvelles pistes. Il y a aussi eu plusieurs collaborations entre Stan et Rosas, la compagnie d'Anne-Teresa. Comme Quartett d'Heiner Müller avec la danseuse Cynthia Loemij et Frank. C'était d'ailleurs son idée, ce spectacle. On a aussi travaillé ensemble sur In Real Time, où pendant trois mois on a suivi des cours de danse et d'improvisation. La musique était jouée sur scène par l'ensemble de jazz Aka Moon. Le texte était un dialogue de Gerardjan Rijnders auquel s'ajoutait un montage construit à partir de nos conversations pendant la préparation du spectacle et des bouts de Tchekhov. Il n'y avait pas de metteur en scène, c'était nous tous qui dirigions. »

Hugues Le Tanneur

REVUE DE PRESSE

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