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Théâtre de la Bastille

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Les ordures, la ville, La mort. Le projet Fassbinder


02 > 29 JUIN
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L'histoire se passe dans une ville, Francfort, ou encore " Sur la lune parce qu'elle est aussi inhabitable que la terre ". Une ville où se seraient rassemblés les représentants de tout ce que la société peut rejeter : putes, maquereaux, nazis, travestis, juifs riches, handicapés, homosexuels... tous mis au même niveau. Une sorte de grande famille dans la ville. C'est une pièce qui n'est pas du tout sensuelle, les corps sont malades, enlaidis, il n'y a plus d'amour et plus de sexualité. Il y a des bribes, des restes de rapports humains. Les enveloppes sont là, mais les personnages sont à côté de leurs corps, de leurs visages. Des fantômes. Peut-être sont-ils déjà morts. C'est en tout cas un monde de destruction, une vision de l'enfer, que met en scène et en musique Fassbinder. Les Ordures, la ville et la mort est un opéra, un conte.


Le scandale provoqué par cette pièce qualifiée à l'époque d'antisémite nous oblige à en parler et à apporter quelques précisions sur les causes et le sens de cette cabale. (...) Il y a effectivement, parmi les personnages de cette pièce, un juif. Ce juif est un agent immobilier ; il contribue à transformer la ville au détriment des conditions de vie des gens ; il fait des affaires. Il n'a pas créé la situation dans laquelle ses affaires peuvent être faites, et il n'a pas à en répondre ; il se sert de cette situation. L'endroit où l'on peut découvrir une telle situation s'appelle Francfort-sur-le-Main. Mes pièces de théâtre ont toujours été des réactions spontanées à la réalité - et cette pièce est une réaction spontanée à la réalité que j'ai trouvée à Francfort. (R.W. Fassbinder)
Fassbinder parle et met en scène des gens et des sujets dont personne ne veut entendre parler. On sait mais on ne veut pas en parler. Nous savons aujourd'hui que le silence fait que le tabou reste entier, se prolonge et que la discrimination peut se reproduire. Ce qui ne pouvait pas se dire avant peut-il se dire aujourd'hui ? Affronter les démons, les grandes peurs, les nommer, c'est dire qu'ils existent. Encore. Sous d'autres formes. Alors le redire.

Pierre Maillet

Collaboration artistique Marcial Di Fonzo Bo, Frédérique Loliée et Elise Vigier. Avec Marc Bertin, Marcial Di Fonzo Bo, Raoul Fernandez, David Jeanne-Comello, Mélanie Leray, Frédérique Loliée, Pierre Maillet, Marie Payen, Jean-Michel Portal, Valérie Schwarcz, Elise Vigier, Vincent Voisin. Traduction Jörn Cambreleng. Musique composée par Pierre Allio pour trois musiciens. Images et films Bruno Geslin. Lumière Maryse Gautier. Décor Patrick Le Joncourt. Costumes Laure Mahéo. Coproduction Théâtre des Lucioles/Rennes, Théâtre national Dijon- Bourgogne, Théâtre Antoine-Vitez/Aix-en-Provence, Théâtre de la Bastille.