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Théâtre de la Bastille

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Le diable en partage


20 SEPT > 19 OCT
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Le théâtre français ne produirait que peu d'auteurs vivants ou "contemporains". Après le Théâtre de la Colline, Paris leur consacre aujourd'hui le Théâtre du Rond-Point. A la Bastille, en 2002 : Arne Sierens, Ivan Stanev, Emmanuel Bourdieu, Jon Fosse, Don DeLillo, Fabrice Melquiot, Thomas Bernhard. A part le dernier cité, tous sont bien vivants et ont entre trente et quarante ans !
Donc, nous lisons. Beaucoup. Et c'est ainsi que nous avons rencontré Fabrice Melquiot. Très jeune auteur déjà prolifique. J'ai sélectionné deux textes. Melquiot a été, à vingt ans, acteur avec Emmanuel Demarcy-Mota. Il était donc naturel de les réunir et de confier ces mises en scène à Demarcy-Mota, qui réalisa récemment une très belle version de Six personnages en quête d'auteur de Pirandello. Il est aujourd'hui directeur du Centre dramatique national de Reims.

Jean-Marie Hordé

L'inattendu et le diable en partage.

Je n'écris pas de pièces de guerre.
Si guerre il y a dans ce que j'ai écrit, je l'ai voulue funambule, fantomatique, toujours déplacée. Une guerre au bord du cadre et à l'intérieur de soi, tapie dans l'ombre, près d'exploser et balisant son terrain de jeu de sursauts qui font mal, à briser les os.De l'Afrique est venu L'inattendu, le monologue de Liane qui cherche son amant noir, disparu sur le fleuve, dans un tour du monde où tuer passe le temps, où la foudre tombe des milices. Avec Le diable en partage, écrit en Bosnie, on suit Lorko le déserteur, entraînant dans sa fuite entre réel et fantastique les fantômes d'Elma, Jovan, Alexandre, Vid et Sladjana, les fantômes de ceux qu'il a aimés.

Ce que je veux retenir de la guerre, c'est un bouche-à-bouche dans le fracas, c'est l'endroit où la vie est défendue à tout prix. Que l'actualité ferme ses fenêtres, alors peut-être la littérature, et nos théâtres, peuvent-ils ouvrir l'œil et leur gueule pour dire et rappeler, avant que tout ne soit emporté, ces terres à la dérive, triangle des Bermudes où ce qui disparaît, c'est notre propre conscience et l'humanité tout entière.
J'ai vécu là-bas des vies brèves.
Croisé celles d'autres dans les miennes.
N'importe lequel de ces continents est un morceau de moi.
Toutes les histoires sont des histoires d'amour, on ne va pas tortiller.

Fabrice Melquiot

Avec : Louis Arène : Jovan, Charles Roger Bour : Les Automobilistes, Marie-Armelle Deguy : La femme au mouchoir, Philippe Demarle : Loko, Benjamin Egner : Alexandre, Corinne Jabert : Elma, Alain Libolt : Vid, Geneviève Mnich : Sladjana.


Assistant à la mise en scène Christophe Lemaire. Scénographie Yves Collet avec la collaboration de Michel Bruguière. Lumière Yves Collet avec la collaboration de Sébastien Marrey. Musique Jefferson Lembeye. Costumes Corinne Baudelot. Accessoires Alpar Ok et Céline Schaeffer. Chargée de production Nathalie Quentin. Coproduction Théâtre de la Bastille, TNT-Théâtre de la Cité, Centre dramatique national de Reims. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National, de la compagnie Théâtre des Millefontaines/Conseil général de Seine-Saint-Denis. Le diable en partage a reçu l'aide à la création d'œuvres dramatiques de la DMDTS/Ministère de la Culture et de la Communication. Les textes des pièces sont publiés à l'Arche éditeur.