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Théâtre de la Bastille

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HORS-SERIE N°5 - Still Standing You


21 > 23 FEV
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danse

Une variation décalée et culottée sur la masculinité et l'intimité

Le Flamand Pieter Ampe et le Portugais Guilherme Garrido se sont rencontrés lors d’un festival à Vienne. D’emblée, ils se sont plu et ont décidé de travailler ensemble. Mais ils se sont vite aperçus qu’ils étaient en désaccord chorégraphique sur à peu près tout et ont décidé d’en faire la matière de leur travail. Cela a donné Still Difficult Duet (2007) dont Still Standing You est en quelque sorte une suite. Que peuvent faire deux corps ensemble, quand ils s’apprécient et se détestent en même temps ? Quelle dose de violence et quelle dose d’amour peut-on mettre dans un duo masculin ? Pieter Ampe et Guilherme Garrido donnent à ces questions une réponse à la fois drôle et très physique. Parfois ils ressemblent à deux catcheurs, parfois à deux danseurs, parfois à deux animaux sauvages, et offrent ainsi une variation décalée et culottée sur la masculinité et l’intimité.
L.D.

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HORS-SERIE N°5 - Still Standing You [intégral]

Le Flamand Pieter Ampe et le Portugais Guilherme Garrido font de leur rencontre, de leur proximité et de leurs désaccords la matière même de leur travail. Que peuvent faire deux corps ensemble, quand ils s'apprécient et se détestent en même temps ? Quelle dose de violence et quelle dose d'amour peut-on mettre dans un duo masculin ? Après Still difficult duet, Peter Ampe et Guilherme Garrido donnent à ces questions une réponse à la fois drôle et très physique dans Still standing you.

- Pourquoi avoir voulu donner une suite à Still difficult duet ?
Guilherme Garrido : Quand on a commencé à travailler sur Still difficult duet, dès le départ, pour rire, nous avons affirmé que nous voulions travailler sur une trilogie. Ca avait l’air excitant et amusant et nous pensions que toutes les belles choses avaient des suites ! Puis quand nous finissions Still difficult duet, on a trouvé des nouveaux matériaux que nous voulions continuer à développer mais qui n’avaient pas de place dans la pièce. C’est à ce moment-là qu’on a vraiment su qu’on travaillerait sur un second duo qui d’une certaine manière poursuivrait le premier.
Pieter Ampe : Nous nous sommes aperçus que Still difficult duet, constituait plus le début de quelque chose qu’une fin. On voulait travailler d’une façon plus physique. Montrer comment on pouvait être relié de façon physique l'un à l'autre. Cela a donné Still standing you : on se bat et on prend soin l’un de l’autre.

- Comment travaillez vous ensemble ?
Guilherme Garrido : Oh là là, vous voulez vraiment savoir cela ? Cela n’a pas été un lit de roses, croyez moi (rires) mais par-dessus tout nous nous aimons énormément, ce qui nous donne une très grande envie de travailler ensemble ! Quand nous travaillons, on essaye de partager beaucoup de choses, on regarde des films, on se montre des vidéos et des chansons, on boit des bières, on batifole dans le studio, et bien sûr nous avons nos combats de couple ! Je pense qu’on travaille comme on vit ensemble jour après jour, avec des hauts et des bas !
Pieter Ampe : On apporte en répétition nos émotions de tous les jours. C’est donc très varié. On va dans un sens puis dans un autre, on aborde différents sujets, différentes humeurs, différentes concentrations pour finir par essayer d'atteindre des images très nettes et très pures. Souvent quand nous sommes un peu déprimés, cela donne des figures intimes et lorsque nous sommes très heureux, des figures plus sauvages !

- La notion de force, de tension, est importante dans cette pièce…
Pieter Ampe : Nous ne voulions pas d'une confrontation psychologique mais des images physiques qui traduisent les extrêmes et les tensions liées à l'intensité d'une relation.
Guilherme Garrido : Ce n’est pas seulement de la force brute, c’est aussi l’endurance, c’est comment être capable de continuer, le vouloir, c’est la fragilité du plaisir et de la douleur, le soutien, le fait d’être soutenu, l’équilibre et le déséquilibre, etc. C’est la face émotionnelle et poétique d’un rapport.

- Vous jouez beaucoup avec des images évoquant l’animalité. Pourquoi ?
Pieter Ampe : L’animalité est arrivée surtout parce que nous aimons beaucoup le jeu, le côté enfantin de celui-ci. Qui mène tout naturellement aux animaux…
Guilherme Garrido : Oui, l'imaginaire enfantin inclut toujours des animaux comme les dragons et les tigres ! Et puis avant tout, nous jouons avec un instinct primaire, en essayant de traduire certains comportements humains d’une manière brute et animale. D'un côté, nous incarnons simplement des « garçons qui jouent à être des garçons », et d'un autre côté, il y a une couche plus profonde d’émotions, comme un cri primal qui ramènerait à l’animal. Et si on regarde cela en face, c’est amusant !

- Il y a une dimension comique dans votre pièce. Cette dimension est importante pour vous ?
Guilherme Garrido : Je pense que cela nous vient naturellement ! Je le dis dans le sens où nous ne cherchons pas à faire une comédie, cela n’a jamais été notre but, mais il y a quelque chose de comique autour de certaines situations que nous créons! Par ailleurs, il suffit de regarder Pieter : il est très drôle simplement en étant lui-même. L’humour vient comme il vient dans nos vies privées.
Pieter Ampe : Oui, nous ne voulons être ni ironique ni critique, sauf peut-être envers nous mêmes mais nous aimons garder une part d’enfance et de naïveté dans ce que nous faisons.

Réalisation +
Chorégraphie et danse : Pieter Ampe et Guilherme Garrido

Dramaturgie : Rita Natálio
Oeil extérieur : Louise Van den Eede

Production : CAMPO
Coproduction : STUK – Louvain, Buda – Courtrai (Belgique)
Résidence d’artiste : Espaço Alkantara – Lisbonne (Portugal).
Réalisation : Théâtre de la Bastille

REVUE DE PRESSE

      • 6 févr. 2013

        Sur un plateau /