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Théâtre de la Bastille

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HORS-SERIE N°5 - CMMN SNS PRJCT


11 > 13 FEV
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Le théâtre se transforme en véritable lieu d'aventure

Soit deux acteurs, une scène et des spectateurs. Prenant la situation à la lettre, d’un côté des producteurs, de l’autre des consommateurs, l’Argentine Laura Kalauz et le Suisse Martin Schick exposent leur spectacle comme s’il s’agissait d’un produit à vendre dans un salon des arts. Et comme dans tout salon, les visiteurs sont invités à participer, non pas en montant sur scène mais en étant soumis à une suite de propositions : prêter des vêtements, répondre à des questions, trouver une devinette, signer un contrat, participer à des enchères, jouer sur les crédits et les débits. À la fois très logique et très distancé, le duo suggère ainsi de nouveaux modes d’échanges, transformant le théâtre en véritable lieu d’aventure collective dans une mise en abîme qui explore avec humour l’impact des conventions sur et devant la scène.

L.D.

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HORS-SERIE N°5 - CMMN SNS PRJCT [intégral]

L'Argentine Laura Kalauz et le Suisse Martin Schick se sont rencontrés à une audition. Le second a commencé par jouer sous la direction de la première puis, face au constat qu'ils partageaient beaucoup d'intérêts et une même façon de penser la scène, ils se sont mis à créer ensemble. Depuis, ils ont joué et mis en scène plusieurs spectacles. A mi-chemin de la recherche artistique et de la performance, de l'installation et du théâtre, ils créent des objets drôles, ironiques et philosophiques, de la sociologie en acte qui interroge l'impact des conventions, les mécanismes des médias et de la société de consommation… Y compris théâtrales !

- Qu'est-ce qui vous a d'abord inspiré pour ce projet ?
Martin Schick : En fait, essentiellement le fait que l'on devait faire une pièce sur une scène : qu'est-ce que cela veut dire, qu'est-ce qu'on peut en faire, etc. Ensuite, cette première action de « donner » me fascine toujours (ils commencent par distribuer les objets ménagers qui sont exposés derrière eux), c'est étonnant de voir ce que cela provoque et en quoi cela heurte tellement nos logiques de comportements.
Laura Kalauz : Au moment de la création, j'étais en crise par rapport à la pertinence du théâtre. J'avais le sentiment qu'il était inséré dans le système économique, comme n'importe quel produit, et que quoi que nous créions, ce serait un produit qui circulerait dans ce système. J'ai donc eu envie de faire une pièce qui intégrerait le flux du marché, de l'argent et du sens. De jouer avec les mêmes règles que le système et de produire des réponses critiques.
Martin Schick : Pour être tout à fait honnête, beaucoup de choses sont venues du fait que nous avions beaucoup d'argent pour le spectacle et celui qui était prévu pour les décors et les costumes était superflu puisque nous n'avions pas vraiment besoin de costumes ni de décors ! Ça nous a amenés à l'idée de donner de l'argent aux gens, de leur acheter des choses, à commencer par des vêtements, plutôt que d'aller en acheter en magasin…

- Pourquoi ce titre et comment l'avez-vous trouvé ?
Martin Schick : Le titre existait déjà, résultat d'un voyage au Japon où j'avais L'empire des signes de Barthes dans la poche. Il y a tant de choses que l'on tient pour acquises et qui pourtant ne font pas nécessairement sens… Aussi avons-nous choisi de montrer cette incomplétude en supprimant les voyelles du titre : on s'adresse au « common sense » déjà à la lecture du titre.
Laura Kalauz : Absolument ! On complète le sens de CMMN SNS PRJCT en appliquant un savoir, « on ne sait pas, comment savoir ». Il y a quelque chose d'intéressant ici. On peut voir qu'on a un programme qui marche en nous, que l'on n'a pas installé consciemment. La pièce commence donc quand vous lisez le programme.

- Vous sollicitez beaucoup les spectateurs. Le spectacle change-t-il beaucoup selon les soirs ?
Martin Schick : J'espère toujours que les gens ne vont pas participer tant que ça parce que j'aime la résistance qui fait que des choses surgissent plus profondément. Nous ne dépendons cependant pas des spectateurs, c'est la pièce elle même qui en dépend… 
Laura Kalauz : En général les réactions sont assez semblables parce qu'elles touchent au c½ur même de notre condition contemporaine d'« homo capitalistus ».

- Vous questionnez la notion même de représentation et ses codes. Pourquoi ?
Martin Schick :
Peut-être sommes nous des sortes de nihilistes en ce qui concerne le théâtre lui-même… Mais pour revenir au sens commun, la seule chose que nous ayons véritablement en commun au moment de la pièce est que nous sommes tous ensemble dans une salle et que cela suscite une foule d'attentes et de pensées sur scène comme parmi les spectateurs. Alors que pouvons-nous faire ensemble ?
Laura Kalauz : Je crois que nous ne questionnons pas la représentation mais que nous voulons juste ne pas faire croire que nous montrons le réel. Ce qui est tout à fait réel au moment présent est le fait que nous sommes en représentation ! C'est intéressant de déconstruire les codes de la représentation pour être transparents sur la logique que nous utilisons pour, justement, créer du sens.

Réalisation +
Conception et interprétation : Laura Kalauz et Martin Schick

Conseil artistique : Marcus Dross, Marina Belobrovaja, Dan Periovschi
Conseil juridique : Ignacio Meroni
Production : Nada Especial Tanz
Coproduction : Freischwimmer Festival, Theaterhaus Gessnerallee – Zürich
Réalisation : Théâtre de la Bastille

REVUE DE PRESSE

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