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Théâtre de la Bastille

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Kiss me quick


15 SEPT > 17 OCT
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Le destin croisé de trois strip-teaseuses dans l'Amérique de la fin des années soixante. Trois femmes, trois générations, pour ce qui pourrait bien ressembler à un ultime spectacle.

Durée : 1h30

« Dans les années 1970, la pornographie s’est transformée en industrie. Avec le cinéma et les peep-shows, le corps est devenu un objet marchand. Il est curieux de voir comment la révolution sexuelle des années 1960 avec sa quête exacerbée des libertés a fini par déboucher sur l’industrie pornographique. Du coup le strip-tease a perdu sa dimension poétique faite de rêve et d’humour pour céder la place à une forme d’abattage sans commune mesure. » H.L.T.

Spectacle accueilli avec le Festival d'Automne à Paris

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Kiss me quick [intégral]

« Dans les années 1970, la pornographie s’est transformée en industrie. Avec le cinéma et les peep-shows, le corps est devenu un objet marchand. Il est curieux de voir comment la révolution sexuelle des années 1960 avec sa quête exacerbée des libertés a fini par déboucher sur l’industrie pornographique. Du coup le strip-tease a perdu sa dimension poétique faite de rêve et d’humour pour céder la place à une forme d’abattage sans commune mesure. » Où sont passées les Rita Renoir, Gypsy Rose Lee, Debra Dante – la pire chose qui soit arrivée aux Etats-Unis après l’incendie de Chicago, paraît-il – ou encore l’inoubliable Betty Page ? Le temps du burlesque, ce genre d’effeuillage typiquement américain est révolu. Mais loin de se cantonner à une nostalgie des grandes heures du strip-tease, ce qu’évoque Bruno Geslin dans son dernier spectacle, Kiss me quick, s’intéresse plutôt à la nature très particulière du regard porté sur ces femmes qui ont choisi de montrer leur corps. Comme si le strip-tease avait lieu d’abord et avant tout dans l’½il du spectateur. Et plus précisément dans son imagination. Le strip-tease se construisant à la fois dans la distance et à travers une mise en scène indispensable. Car ce jeu entre la distance et la proximité, entre ce que l’on montre et ce que l’on cache, relève bel et bien d’une dramaturgie savamment élaborée. Un bas, un escarpin, un foulard prennent soudain une dimension nouvelle. Ou quand l’accessoire devient métonymie dans la suspension infinie d’une attente vertigineuse dont la conclusion toujours différée importe au fond tellement moins que le processus. Car ce qui compte ici c’est la tension, la « savante lenteur », jadis vantée par les surréalistes.

Donc, le strip-tease est un art. Et Bruno Geslin qui s’était déjà illustré avec Mes jambes si vous saviez, quelle fumée, très beau spectacle sur ce grand érotomane devant l’Eternel que fut Pierre Molinier, est tout à son affaire dans ces stratégies d’effeuillages subtilement composées. Mais au-delà ou à travers le strip-tease, ce que révèle Bruno Geslin dans Kiss me quick, ce sont ces femmes qui ont choisi de montrer leurs corps avec style, humour - sans oublier un brin de provocation - et dont le destin raconte l’apogée et le déclin de cet art. « Ce sont les portraits de trois générations, trois biographies de strip-teaseuses aux Etats-Unis à la fin des années 1960. La matière du spectacle se base sur des entretiens recueillis auprès de strip-teaseuses par Susan Meiselas qui a passé deux années de sa vie à photographier des Carnival Strippers, sortes de fêtes foraines dédiées au strip-tease aux Etats-Unis. Ce que racontent ces femmes est très fort. La vie quotidienne pas toujours facile, leur dépendance aux drogues ou à l’alcool, leur regard sur les hommes… C’est comme si elles se mettaient à nu avec des mots. Mais tout cela n’est pas frontal. Cela se déploie dans une temporalité décalée, un peu comme une ambiance de fin de nuit, la frontière entre l’espace de représentation et l’espace « privé » que sont les loges n’est pas nette. J’aime beaucoup le monde de la nuit, les cabarets, le strip-tease. J’ai toujours été fasciné par Betty Page, par exemple. Se mettre à nu comme ça devant un public vêtu, cela demande du courage. Mais le travail d’un comédien, c’est aussi une forme de mise à nu. Donc ce spectacle parle aussi du théâtre en général. Et puis c’est une réflexion sur le regard, sur l’espace du regard, sur la relation réciproque entre celui qui regarde et celle qui s’offre aux regards. Les points de vue s’échangent, se déplacent, il y a une circulation de la salle à la scène et réciproquement. J’ai voulu jouer là-dessus. Je suis très heureux de travailler avec ces trois comédiennes que sont Evelyne Didi, Lila Redouane et Delphine Rudasigwa qui prennent un vrai plaisir à envoyer au diable la chape de plomb des conventions. Car, au fond, j’espère avoir fait un spectacle féministe. »

Hugues Le Tanneur

Réalisation +
Conception, mise en scène et images Bruno Geslin
Dramaturgie et texte Ishem Bailey
A partir d'entretiens réalisés par Susan Meiselas extraits de son livre Carnival Strippers


Avec Evelyne Didi-Huberman, Lila Redouane, Delphine Rudasigwa
et la participation du batteur percussionniste Matthieu Desbordes

Assistance à la mise en scène et collaboration artistique Emilie Beauvais
Scènographie Marc Lainé
Lumière Laurent Bénard
Composition musicale Teddy Degouys et Matthieu Desbordes
Assistant vidéo Romain Tanguy
Costumes Claire Raison et "La Grande Mêlée"
Régie générale Patrick Le Joncourt
Administration/Production Danièle Montillon

Coproduction : La Grande Mêlée, Théâtre de Nîmes, Théâtre de la Bastille, Théâtre de l'Agora-scène nationale d'Evry et de l'Essonne, La Comédie de Valence, CDN Orléans Centre Loiret, L'Estive-scène nationale de Foix et de l'Ariège, Théâtre Garonne-Toulouse, Le Bateau Feu scène nationale de Dunkerque, Dieppe scène nationale.

Avec le soutien de : La Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Île de France-Ministère de le Culture et de la Communication

Production déléguée : La Grande Mélée

Compléments biographiques dans le dossier de presse.

REVUE DE PRESSE

      • 17 sept. 2008

        "Kiss me quick", sexy strip. /

      • 30 juin 2008

        Julie, Jean et Kristine (Mademoiselle Julie) /