théâtre

de la bastille

Théâtre de la Bastille

Scènes pour une conversation après le visionnage d’un film de Michael Haneke


24 > 28 NOV

Avec David Mallols, Isaac Forteza, Quim Bigas, Mario Pons-Macià et Tanya Beyeler.

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Dans quelle mesure suis-je libre de penser, d’agir et de jouir ? Voilà la question que pose le spectacle Escenas para una conversación después del visionado de una película de Michael Haneke (Scènes pour une conversation après le visionnage d’un film de Michael Haneke) de la compagnie El Conde de Torrefiel.
Tels de valeureux chevaliers sans armure, les cinq personnages qui animent la scène racontent avec panache leur combat de vie et leur meurtrissure. La pièce est composée de douze histoires courtes, des nouvelles qui racontent de manière très économe mais néanmoins expressive, les traumatismes et les fantasmes quotidiens d’un groupe de jeunes gens européens. Ils dérivent d’une scène à l’autre, acteurs autant que témoins de leur propre noyade.
Escenas para una conversación después del visionado de una película de Michael Haneke est la troisième pièce de la compagnie. C’est un titre à entendre, comme toujours chez elle (ses deux précédents spectacles s'intitulent L’histoire du roi vaincu par l'ennui et Regarde comment la fatigue vainc la pensée), comme une suggestion, une invitation à l'imagination et enfin à la lecture. « Michael Haneke n'a apparemment rien à voir avec la pièce, expliquent-ils, mais il y a des choses en commun avec les questions que le cinéaste pose dans ses films. Les histoires de notre pièce sont présentées à partir du concept du fascisme quotidien : les relations de pouvoir qui s’établissent dans la société urbaine, occidentale, capitaliste et post-industrielle. Une façon de reproduire l’ordre hégémonique dans le quotidien, de reproduire la répression de tout ce qui se produit en dehors de cet ordre, de la cruauté de la production de subjectivité en série et, en conséquence, la production de culpabilité, de frustration, d’échec, d’isolement et d’anxiété. Mais le contenu des histoires et les formes qu’elles prennent sur scène sont beaucoup plus méditerranéeens et baroques que les films de Michael Haneke, car c’est notre réalité et notre contexte de vie. »
Dans le laboratoire de la jeune compagnie espagnole fondée en 2010, la question est également posée sur le plan formel. Comme dans un castelet, leur théâtre est action, il associe trois mécanismes : alternance entre narration et projection (de texte), décalage entre texte et mouvement (ils sont jeunes et dansent souvent), omniprésence de la musique électronique (qui agit comme une sous-tension). Il est bien question, on le voit, de se mettre en scène dans le théâtre de la vie, petits hommes au creux de la société. À taille réelle, nous les regardons et nous sommes eux.
A.L

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Dans quelle mesure suis-je libre de penser, d’agir et de jouir ?

Dans quelle mesure suis-je libre de penser, d’agir et de jouir ? Voilà la question que pose le spectacle Escenas para una conversación después del visionado de una película de Michael Haneke (Scènes pour une conversation après le visionnage d’un film de Michael Haneke) de la Compagnie El Conde de Torrefiel.
Tels de valeureux chevaliers sans armure, les cinq personnages qui animent la scène racontent avec panache leur combat de vie et leur meurtrissure. La pièce est composée de douze histoires courtes, des nouvelles qui racontent de manière très économe mais néanmoins expressive, les traumatismes et les fantasmes quotidiens d’un groupe de jeunes gens européens. Ils dérivent d’une scène à l’autre, acteurs autant que témoins de leur propre noyade.
Escenas para una conversación después del visionado de una película de Michael Haneke est la troisième pièce de la compagnie. C’est un titre à entendre, comme toujours chez elle (ses deux précédents spectacles s'intitulent L’histoire du roi vaincu par l'ennui et Regarde comment la fatigue vainc la pensée), comme une suggestion, une invitation à l'imagination et enfin à la lecture. « Michael Haneke n'a apparemment rien à voir avec la pièce, expliquent-ils, mais il y a des choses en commun avec les questions que le cinéaste pose dans ses films. Les histoires de notre pièce sont présentées à partir du concept du fascisme quotidien : les relations de pouvoir qui s’établissent dans la société urbaine, occidentale, capitaliste et post-industrielle. Une façon de reproduire l’ordre hégémonique dans le quotidien, de reproduire la répression de tout ce qui se produit en dehors de cet ordre, de la cruauté de la production de subjectivité en série et, en conséquence, la production de culpabilité, de frustration, d’échec, d’isolement et d’anxiété. Mais le contenu des histoires et les formes qu’elles prennent sur scène sont beaucoup plus méditerranéeens et baroques que les films de Michael Haneke, car c’est notre réalité et notre contexte de vie. »
Dans le laboratoire de la jeune compagnie espagnole fondée en 2010, la question est également posée sur le plan formel. Comme dans un castelet, leur théâtre est action, il associe trois mécanismes : alternance entre narration et projection (de texte), décalage entre texte et mouvement (ils sont jeunes et dansent souvent), omniprésence de la musique électronique (qui agit comme une sous-tension). Il est bien question, on le voit, de se mettre en scène dans le théâtre de la vie, petits hommes au creux de la société. À taille réelle, nous les regardons et nous sommes eux.
Aude Lavigne

Réalisation +

Conception et mise en scène El Conde de Torrefiel Texte et dramaturgie Pablo Gisbert Lumières Marcela Prado Son et arrangements Rebecca Praga Traduction en français Cristina Vinuesa, Nicolas Chevallier.

Production El Conde de Torrefiel Avec le soutien de INAEM - Instituto Nacional de las Artes Escénicas, Ministerio de Cultura de España, Departament de Cultura de la Generalitat de Catalunya, Institut Ramón Llull, Résidènce Adriantic – Antic Teatre, Institut Encuentros de Magalia 2011 Direction de production Tanya Beyeler Avec le soutien de l’Onda - Office national de diffusion artistique