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Olga de Soto rend hommage à un ballet de Roland Petit. Le Monde Samedi 1er Oct.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Olga DE SOTO chorégraphe-interprète
Texte : Olga de Soto rend hommage à un ballet de Rolland Petit.
Quels souvenirs conserve-t-on d'un spectacle vu il y a deux ans, vingt ans ? Comment le temps tord-il les souvenirs jusqu'à altérer les couleurs, oblitérer même les séquences les plus agressives d'une pièce ? Ces questions, la chorégraphe Olga de Soto se les est posées dans
Histoire(s), vidéo-performance autour du ballet
Le Jeune Homme et la Mort créé par Roland Petit en 1946.
C'est une commande de Culturgest à Lisbonne en 2003 qui a propulsé Olga de Soto sur le terrain mouvant de ces lambeaux d'images qui restent lorsqu'on a tout oublié. Pour rendre hommage à l'oeuvre légendaire bâtie à partir du livret de Jean Cocteau et interprétée par Jean Babilée, la chorégraphe s'est offert une remontée dans le passé surprenante.
Cinquante-sept ans après la création, le 25 juin 1946, elle a retrouvé, via des petites annonces, des spectateurs qui étaient au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, ce soir-là. Ils sont huit, tous au moins octogénaires, à avoir accepté d'être filmés en racontant leurs souvenirs.
Raconter est un grand mot ; émietter colle mieux à cette lente, laborieuse traque pour reconstituer le puzzle de guingois de cette soirée chorégraphique. La danseuse Nathalie Philippart portait-elle une robe rouge ou jaune ? Jean Babilée se suicide-t-il avec un couteau ? Meurt-il seulement ?
Sur un jeu d'écrans de formats variés, les témoins plongent dans leur passé. Leurs confidences se télescopent, se contredisent. Des fantômes passent, danseurs d'un spectacle fantasmé au creux duquel se dessine un portrait intime des participants. On rêve alors de revoir le ballet, aujourd'hui interprété par exemple par le danseur étoile Nicolas Le Riche à l'Opéra de Paris. On attend aussi qu'Olga de Soto, danseuse frémissante, et Vincent Druguet, présents sur le plateau, se jettent à l'eau pour redistribuer dans le mouvement les émotions collectées. Dommage, ils restent cois. Et nous, le désir de danse en berne.
Rosita Boisseau
Source Externe : Le Monde Samedi 1er Oct
Inséré le : 03/10/2005 00:00