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Gisèle Vienne, diptyque fantastique Libération dimanche 24 juillet 2005.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Gisèle VIENNE Metteur en scène
Texte : Gisèle Vienne, diptyque fantastique.Formée à l'Institut supérieur de la marionnette, Gisèle Vienne a 29 ans et fait déjà couler beaucoup d'encre, taxée de provocation gratuite avec ses poupées aux airs d'enfants qui rappellent les sculptures des frères Chapman. Mais ce ne sont pas des gamins, seulement des pantins que les comédiens démantèlent d'une gifle ou recouvrent de faux sang. Cette mystification est au cœur d'
Une belle enfant blonde et de
I Apologize, diptyque que la metteure en scène présente à Avignon.
Le premier spectacle s'ouvre dans un carcan de soie blanche. Les poupées sont assises sur une banquette ou à même le sol. Une femme au chignon strict (Catherine Robbe-Grillet) se tient droit sur le sofa. En courte robe rosé, une danseuse se pâme, avant de se dévêtir. La Barbie amorce une chorégraphie saccadée. Ici la nudité n'est pas gadget: cuisses, cou, bras et ventre tremblent sous les secousses. La mécanique du corps s'ébranle, répond aux pulsions.
A chaque pièce son histoire de meurtre. Dans la première partie, un androgyne porte au cou une marque rouge laissée par un couteau. Dans
I Apologize, la danseuse puis un colosse au corps tatoué posent leur tête dans une mare de sang. On reconstitue les meurtres par bribes, on inverse les rôles, on joue à qui sera le maître, l'esclave. Vienne parle du pouvoir, ces relations où celui qui est à quatre pattes n'est pas forcément le plus faible.
Au centre opère le texte de Dennis Cooper. D'abord par la voix de Catherine Robbe-Grillet qui mêle à la lecture des souvenirs d'après-midi dans les bars SM de New York. Le personnage perd alors sa force : elle n'est pas comédienne et jouit de se voir sur scène. Dans
I Apologize, c'est l'auteur américain qui lit ses mots, une histoire de sexe et de drogue, de virées pédé et d'abandon de soi. La lecture sonne comme un exposé sous hypnose, tandis que la traduction apparaît sur les murs de la chapelle.
Gisèle Vienne ne ravit pas tout à fait : des trous d'air rompent par moments la tension. En étirant les séquences, elle mise sur l'attente, quitte à se perdre en route. Mais ces deux fantasmes gardent la force des spectacles poignants dont le souvenir demeure.
Bruno Masi
Source Externe : Liération dimanche 24 juillet 205
Inséré le : 26/09/2005 00:00