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Koohestani en un Iran de transgression. Libération mardi 20 septembre 2005


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Amir Reza KOOHESTANI Metteur en scène

Texte : Koohestani en un Iran de transgression

Théâtre. A la Bastille, le jeune auteur-metteur en scène tourne le dos à la tradition avec «Dance on Glasses».



Le jeune Iranien Amir Reza Koohestani raconte qu'il n'avait jamais mis les pieds dans un théâtre avant de travailler avec des acteurs. Ce qui n'est pas donné à tout le monde. Bref, le jeune artiste avait au départ une bonne provision d'innocence, permettant de transgresser des règles dont on ignore tout. De fait, son spectacle, Dance on Glasses (pourquoi un titre en anglais et non en persan, langue que parlent les acteurs et l'auteur ?) tourne le dos aux habituelles imitations occidentales que l'on voit souvent à Téhéran.
Cependant, l'Iran a sa propre tradition théâtrale, le tazieh bien sûr, mais aussi le syah bazi, une étonnante forme populaire avec un personnage grimé en nègre. Amir Reza Koohestani tourne également le dos à ces formes très expressives. Il y a toujours quelque chose de réjouissant à voir quelqu'un sortir des sentiers rebattus. Dance on Glasses -c'est sa troisième pièce- poursuit ce théâtre d'opposition : la première scène se passe dans le noir, on entend simplement une voix off, une musique, comme au cinéma (art que l'auteur, en revanche, connaît bien).
Puis la lumière se fait sur un homme et une femme assis à chaque bout d'une longue table, et, ça et là, les lueurs d'une danse. On devine qu'à l'orée de son troisième spectacle (Amir Reza Koohestani écrit et met en scène) a, depuis son innocence première, vu beaucoup de spectacles. Il y a une danse sur des verres (d'où le titre), un jeu avec des chiffres. L'homme mène la danse (normal, il l'enseigne). Les phrases sont simples jusqu'à la vacuité. L'enjeu est ailleurs : dans le visage de la jeune femme, ses yeux, ses silences, l'aveu qui vient enfin. «Foroud... Si tu n'étais pas ainsi, je serais restée.» On s'attache au visage de cette actrice hypersensible, on ne voit qu'elle : Sharare Mansourabadi.
Par Jean-Pierre THIBAUDAT


Source Externe : Libération mardi 20 septembre 2005


Inséré le : 20/09/2005 00:00