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Biographie d'Eduardo de Filippo
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Eduardo DE FILIPPO auteur
Texte : Eduardo de Filippo
Naples 1900 Rome 1984par Huguette Hatem
Auteur dramatique, acteur, metteur en scène italien, souvent comparé à Molière.
Le plus important dramaturge contemporain de la péninsule avec Pirandello, Eduardo De Filippo a traversé tout le théâtre du XXe siècle. Issu de la tradition du théâtre napolitain, son œuvre atteint une dimension universelle. Il se définissait lui-même comme « Napolitain citoyen du monde. »
Eduardo De Filippo est formé à l'école de l'auteur Eduardo Scarpetta, dont il est le fils naturel. En 1930, Eduardo De Filippo, fonde sa propre compagnie avec son frère et sa sœur. Jusqu'en 1945, les De Filippo jouent principalement les pièces d'Eduardo. Après la guerre, la renommée d'Eduardo s'étend au-delà de l'Italie. Il est joué un peu partout dans le monde. En 1956, il vient au festival de Paris avec sa compagnie, présenter
Sacrés Fantômes (Questi Fantasmi, 1946) qu'il remonte ensuite en français au
Vieux-Colombier. Il continue à jouer, à tourner, à écrire et à mettre en scène jusqu'à la fin de sa vie. Tout au long de sa carrière, il est considéré comme un acteur exceptionnel. La gloire du comédien a occulté pour un temps son génie d'écrivain. On a cru longtemps qu'il serait difficile de « jouer Eduardo sans Eduardo ».Mais ses œuvres sont montées avec succès comme
La Grande Magie (1948), mise en scène par Giorgio Strehler au
Piccolo Teatro de Milan (1985). En France, après avoir triomphé dans les années cinquante avec des interprètes tels que Valentine Tessier dans
Madame Filoumé, puis Jacques Fabbri dans
Le Bon Numéro, il disparaît volontairement de nos scènes, après l'accueil mitigé, d'une de ses pièces, refusant ses droits à la France pendant plus de vingt ans. En 1982, il permet à Huguette Hatem de traduire son théâtre. Seront alors représentées
L'art de la comédie (Jean Mercure),
Samedi dimanche et lundi (Françoise Petit)
Chaque année on recommence (Pierre Ascaride)
Les voix intérieures (Claude Yersin)
Antonio Barracano, puis
Noël chez les Cupiello (Jacques Mauclair),
Sik-Sik et
Le Haut-de –forme (Jacques Nichet),
Homme et galant homme, (Felix Prader), Filumena Marturano ( Marcel Maréchal avec Françoise Fabian),
La grande magie ( Lisa Wurmser) .
Les pièces écrites avant la seconde guerre mondiale sont regroupées dans un réalité géographique et culturelle, des personnages universels, des types.
De Filippo s'efforce de dénoncer les maux de la société : « À la base de mon théâtre, déclare-t-il, il y a toujours le conflit entre l'individu et la société. » Ainsi, à travers la petite histoire des personnages passe le souffle de la grande Histoire, comme dans
Naples millionnaire (1945) où Gennaro Jovine, évadé d'un camp, et désormais conscient des misères du monde, retrouve sa famille corrompue, aux prises avec le marché noir. Pour s'évader de la sombre réalité, il arrive que l'on se réfugie dans le rêve : Luca dans
Noël chez les Cupiello, 1943 , s'acharne à construire son œuvre, une crèche, aveugle à tout ce qui l'entoure, à l'écroulement de sa famille. Les années soixante correspondent à une époque de grande fécondité. Samedi, dimanche et lundi (1959), reflète, à l'intérieur d'une famille bourgeoise napolitaine, le miracle économique italien. Un an après, en 1960, Antonio Barracano pose le grave problème de la Camorra renaissante à Naples, et de la justice parallèle. La dernière pièce de De Filippo, Les examens ne finissent jamais (1974) présente un personnage continuellement en butte aux attaques de ses amis et de ses proches. Il finit par se réfugier dans le silence. Il mourra et suivra son propre enterrement. Le thème de la mort est du reste récurrent dans le théâtre de De Filippo. Qu'il s'agisse de morts réels ou faux, leur présence crée une atmosphère étrange et surréelle. L'œuvre de De Filippo est écrite tantôt en dialecte napolitain imagé et poétique, tantôt en italien. Les deux langues se mêlent souvent à l'intérieur d'une même pièce, accentuant l'effet cocasse. Cependant, sous sa verve comique se cache un profond pessimisme. Obsédé par l'injustice et la misère, ce portraitiste de Naples, brossée en de petits tableaux ou en larges fresques, passe au crible la société contemporaine.
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(D'après l'article du Dictionnaire du Théâtre/ Bordas)sous le titre de Cantate des jours pairs et comprend dix-sept comédies. Après le cataclysme de la guerre, De Filippo porte sur la société un regard plus grave, parfois amer ou pessimiste, qui se reflète dans le titre du second volet Cantate des jours impairs. Les vingt-quatre pièces du recueil ont toutes été créées par sa Compagnie et enregistrées à la télévision.
Source Externe : Théâtre de la Bastille.
Inséré le : 15/09/2005 00:00