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La voix de Marie Vialle
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
MARIE VIALLE actrice
Texte : La voix de Marie VialleDans la nuit noire un violoncelle, Jean-Sébastien Bach. Puis une voix de femme, douce. Le violoncelle et la voix humaine sont des sons qui s'unissent bien, s'entendent bien.
C'est le point du jour, apparaît une femme, cheveux courts, un peu comme un jeune garçon, dans le plus simple appareil, derrière son violoncelle, mais vous ne la verrez pas nue : ses vêtements lui tombent du ciel. Elle cesse de chanter, elle va dire des contes.
C'est irréel, un conte et c'est simple. Ça ne se résume pas et ça ne vous quitte pas, il suffit de peu de mots, un chaperon rouge, des cailloux, une grand-mère dans son lit. Ce soir ce n'est pas Perrault, c'est l'un de nos premiers écrivains, Pascal Quignard.
D'autres grands écrivains ont écrit, en passant, des contes, regardez Oscar Wilde. Les contes de Pascal Quignard tiennent eux aussi à des riens, une petite brodeuse, une ceinture, une pomme, le nom oublié d'un cavalier en cape blanche.
Si beaux soient ces contes, l'émotion intense de ce spectacle tient avant tout à la jeune femme, Marie Vialle, dont vous pourriez dire qu'elle est elle-même un conte : son corps assez immatériel qui évolue comme un oiseau, sa voix d'argent pur, sa traversée à contre-jour des ombres et de la lumière, vous êtes lancés dans une féerie, vous rêvez, vous en oubliez vos yeux, c'est un phénomène qui n'arrive pas, normalement, au théâtre. Il ne peut pas se raconter. Il faut le voir et l'écouter, comme un conte.
Michel Cournot
Source Externe : Le Monde Vendredi 27 Mai 2005
Inséré le : 02/06/2005 00:00