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Le sang des atrides.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Jean-Michel Rabeux Metteur en scène
Texte : Le sang des AtridesIl y a une réflexion sur le théâtre chez Jean-Michel Rabeux qui fait de ses créations des événements. En décidant d'adapter les deux-tiers de l'Orestie en moins de deux heures, en choisissant d'en faire une sorte de rituel funèbre convulsif où les corps se tordent, se dévêtent, se couvrent de sang, il choisit d'en faire un cauchemar où nous tuons ceux que nous devons aimer et où qui doit nous aimer nous tue. Sa mise en scène cherche à créer l'effroi en renvoyant à l'archaïsme sauvage de cette histoire. Le spectre d'Iphigénie, vêtue d'une longue robe rouge, la tête couverte d'un bas de soie rouge qui masque ses traits, et qui appelle à la vengeance par un chant inuit grave et guttural, l'Erinye en collant noir et masque de hyène avec des chaussures à talon aiguille rouges contribuent à cette atmosphère de cauchemar que souhaite créer Jean-Michel Rabeux. Le décor, le travail sur la voix des acteurs (les hurlements de Cassandre, le souffle d'Iphigénie chantant un chant inuit) doivent nous conduire à la terreur face à ces crimes horribles.
Mais l'excès peut nuire au propos. La symbolique de la « baignoire pour noyer, du lit pour les rêves et du lavabo pour laver » (Jean-Michel Rabeux) tombe dans la lourdeur. La multiplication des corps mis à nu, couverts de sang, accrochés tordus au chambranle d'une porte finissent par évoquer le grand guignol, agacent, et nous éloignent du grand récit mythique qu'est l'Orestie.
Pour autant il reste un spectacle qui ne peut laisser indifférent, des moments fulgurants de beauté comme le chant d'Iphigénie ou la tirade de Clytemnestre qui justifie le meurtre d'Agamemnon, de très bons comédiens comme Miloud Khetib dans le rôle d'Agamemnon par exemple.
Micheline Rousselet
Source Externe : SNES 17 mars 2005
Inséré le : 26/04/2005 00:00