Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Pierre Molinier, le fétichiste magnifique.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Bruno Geslin Metteur en scène
Pierre Molinier auteur
Texte : Pierre Molinier le fétichiste magnifique.Bruno Geslin célèbre l'artiste extrême.Se réclamant du monde des marges et des forces obscures, Molinier se disait chaman, se revendiquant fétichiste au sens originel du mot - du portugais " « feitiço » qui signifie « charme magique », auquel se réfère cette définition du XV siècle : « Ce qui a vocation à rendre compte des mystères de cultes impénétrables ». Chaman donc, le photographe l'était sûrement.
Il suffit de reprendre quelques éléments de sa biographie pour s'apercevoir que ce don étrange qui l'entraînait vers les plus troubles ailleurs, remontait à la prime enfance. Dès l'âge de 3 ans, il ne cesse de tripoter les cuisses des femmes qui l'entourent. Un jour, son père le surprend, en extase, embrassant les jambes de sa sœur Julienne. A 18 ans, il photographie sa sœur sur son lit de mort, et confesse :
« J'ai joui sur son ventre et alors, le meilleur de moi-même est parti avec elle ». A 50 ans, il confectionne un joug à autofellation.
"Finalement, je suis arrivé à me faire des pompiers et suis resté dix-huit jours sans bouffer. Les yogis appellent ça le circuit -, c'est-à-dire que vous avalez, et alors ça vous nourrit."Homme des expériences extrêmes, le photographe avait pour sujet de prédilection son propre corps sublimé. Derrière voilettes et masques, porte-jarretelles et bas résille, il donne naissance à
un être androgyne, victorieux des genres et des sexes, se plaçant au-delà de l'homme et de la femme, multipliant les représentations de ses jambes et de son visage comme un test de Rorschach qui assumerait enfin son obscénité. Avec ces images sur papier glacé, il se révèle à lui-même en autoportrait halluciné. Parlant de lui à la troisième personne dans la préface de son recueil de photos,
Le Chaman et ses créatures, Molinier précise avoir fait
« œuvre de créateur », se mettant à la place d'un dieu très problématique et qu'il pense inexistant.
Cet homme d'exception se suicida le 3 mars 1976. A l'instant de sa mort, il note encore :
« Heure du crime de moi-même : 19h30, je me donne volontairement la mort et ça me fait bien rigoler »Patrick Sourd
Source Externe : Nova oct 2004.
Inséré le : 21/03/2005 00:00