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Claude Degliame mauvais genre.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Jean-Michel Rabeux Metteur en scène
Texte : Claude Degliame Mauvais Genre.« Je suis du côté de l'impur, et j'aime ça... » Quiconque a vu un jour Claude Degliame sur une scène de théâtre ne pourra jamais oublier sa voix. Impure? Peut-être. Sombre, rocailleuse, chargée d'un vécu qui évoque le trouble et l'érotisme. Il est fréquent de parler de la féminité des acteurs, plus rare d'évoquer la masculinité des actrices. Que ce soit chez Genet, Copi ou Olivier Py, Claude Degliame joue les «monstres», les personnages sanglants, sexuels...
« J'ai joué beaucoup de travestis. Quand j'étais ado, j'avais la voix encore plus grave car je fumais énormément. Souvent, on me prenait pour un garçon ou un transsexuel. Cela arrive aujourd'hui encore! Jeune, ça m'inquiétait... et ça me plaisait. J'étais partagée entre l'acceptation de mon identité et le désir de ne pas être normale. Au théâtre, si j'interprète une femme, on verra davantage mes seins, c'est tout. C'est à l'intérieur du corps que tout se joue. » Et Claude Degliame ne joue pas n'importe quoi. Outre des collaborations avec des metteurs en scène de renom, tels Jacques Lassalle ou Claude Régy, elle vit une aventure extrême avec l'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux, qu'elle accompagne depuis plus de vingt ans. Parmi leurs spectacles aux titres évocateurs,
L'Éloge de la pornographie, Onanisme avec troubles nerveux chez deux petites filles, Ce qui est resté d'un Rembrandt déchiré en petits carrés bien réguliers et foutu aux chiottes, de Jean Genet,
L'Homosexuel ou la Difficulté de s'exprimer, de Copi, et, dernièrement,
Déshabillages, spectacle de cabaret trash où ils jouaient la mortelle comédie du désir et de la mort.
« Quand j'étais débutante, je me faisais du souci. J'avais l'impression qu'être actrice ne servait à rien, que c'était ridicule, dérisoire. Aujourd'hui, j'aime le théâtre parce que c'est dérisoire. Je trouve que l'on est beaucoup moins à côté de ce qu'on pourrait appeler la vie que bien d'autres gens qui ont l'air de faire des choses qui servent à la société.» Claude et Jean-Michel retrouvent le Théâtre de la Bastille; un lieu singulier qui a toujours soutenu leur façon de faire
"du théâtre dans les coins", avec une nouvelle création,
Le Sang des Atrides, une histoire de famille terrible, tirée de deux pièces d'Eschyle.
« Et, l'année prochaine, je vais encore faire autre chose avec Jean-Michel. Emmène-moi au bout du monde!...,
de Blaise Cendrars, un texte inspiré de l'actrice Marguerite Moreno, une femme qui me faisait rêver quand j'étais jeune. À la fin de sa vie, elle disait des poèmes dans les bistrots à Pigalle. Elle baisait avec un légionnaire. C'est une histoire grotesque, à hurler de rire, tragique... C'est beau, quoi! »HERVÉ PONS
Source Externe : Têtu février 2005.
Inséré le : 28/02/2005 00:00