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Vaisseaux brûlés.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Pascal GRAVAT chorégraphe-interprète
Texte : Vaisseaux brûlés.Vous aimez jouer ? Alors embarquez sans tarder à bord des
Vaisseaux brûlés. Une (contre) bande de joyeux danseurs y décline tout ce que les jeux d'enfants comptent d'épreuves pour se mesurer. Colin-maillard, balle assise, partie de cache-cache ou encore « 1, 2, 3, petits poissons rouges », il n'y a pas, jusqu'aux duels entre super héros, matière à jouer qui ne soit éprouvée. Et pourquoi ces amusements d'enfants un rien déconcertants ? Parce que la Compagnie Quivala se souvient que c'est à travers ces combats et ces dépassements de soi qu'on s'est construit notre identité, qu'on a chacun pris notre place dans la société. Seulement, pour que l'affaire fasse office d'expérience et. surtout, ne soit pas racoleuse - ce sont des purs, les Quivala -, la transposition formelle est réduite. C'est donc en temps réel, le temps effectif de chaque jeu, que le public accomplit cette traversée ludique. Étonnant, mais légitime de bout en bout. D'autant plus lorsqu'un comédien masqué lit un extrait du
Visible et de l'Invisible de Maurice Merleau-Ponty où il est précisément question de la suprématie du Je, de l'individu sur le groupe. On réalise alors, si on ne l'avait pas fait auparavant, que tous ces mouvements de foule et de balle expriment, dans l'émotion de l'instant, cette tension entre singularité et collectivité. Entre concurrence et envie de partager. Entre compétition bétonnée et légèreté. On rit d'ailleurs beaucoup sur ces
Vaisseaux brûlés emmenés par Pascal Gravat et Prisca Harsch. Quoi de plus hilarant en effet que ces bastons « pour de faux » qui singent la vraie violence abrutie ? Dans ce registre du je dans le jeu, c'est aussi réussi que l'était
L'Homme traversé, monologue du même Pascal Gravat à l'affiche au Théâtre de la Bastille en 2001. Avec cette évidence qui tient beaucoup à une volonté de sincérité et de transparence, il était tour à tour Roméo, Hamlet et Richard III. Du Shakespeare qui parlait là aussi de l'intimité.
Marie-Pierre Genecand
Source Externe : Théâtre de la Bastille.
Inséré le : 21/01/2005 00:00