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Du Sans neuf à la Bastille.
Du Sans neuf à la Bastille.
La chorégraphe Martine Pisani a présenté Sans (2000) à la Bastille, en ouverture du festival des îles de danse, qui défend plus que jamais la danse d'auteurs (1). La pièce convoque trois danseurs (les talentueux Théo Kooijman, Laurent Pichaud et Olivier Schram) qui d'entrée de jeu rasent les murs, tournent le dos au public. Leur espace est celui de l'évitement, sur le mode burlesque. C'est précis, riche d'humeur comique, sans que soit recherché un rire trop facile. Les interprètes ne s'appuient sur aucune narration. Ils réussissent à valider une manière très physique de signifier l'écart, le trébuchement, la rupture. À ce spectacle, nous-mêmes ne savons plus sur quel pied danser. Chez Martine Pisani, l'anatomie constitue une fabrique d'éléments dessoudés. Chacun est dans son corps comme dans une famille nombreuse. Chaque courte scène s'achève sans claire motivation, comme un enfant change de Jeu quand ça lui chante. Les trois danseurs viennent nous mettre leur état d'esprit sous le nez, tour à tour anxieux, paranoïaque, détaché, avant d'entamer un sourire à trois bouches. Ils présentent en fin de partie une hilarante satire de la danse contemporaine. La notion de tas, figure diablement à la page, ils la passent au crible de la critique, créent un incroyable imbroglio
de jambes à la renverse, si bien que l'on dirait un paquet de viande vendue à la cheville. Martine Pisani reprend à son compte des figures de style qu'elle vide de leur substance. À l'instar d'une vidéo du chorégraphe Xavier Leroy, le trio rejoue la représentation dans sa version accélérée, avec un sens du comique qui force l'admiration.
Muriel Steinmetz.
Source Texte : L'Humanité 16 nov 2004
Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Martine PISANI (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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