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Monica Valenciano à propos d'Olga Mesa.
Lettres de la lune ou à la recherche de la présence d'un corps écran.
Au sujet du travail d'Olga Mesa, j'élabore progressivement une vision au cours du temps, depuis l'observation de ses premiers travaux jusqu'à maintenant, ce qui suppose dans mon parcours une référence profonde et humaine d'une tonalité presque sanguine, où l'intimité de sa présence résonne ; peut-être depuis les entrailles de cette écriture que vit le corps, tissant des itinéraires parallèles, des espaces communs, des tracés solitaires d'une aventure partagée dans le temps.
Ma réflexion évolue avec elle et son parcours, dans ce paradoxe que me suggère son travail (...puisqu'un bon paradoxe résiste justement à toute explication logique... comme dirait Pablo Palazuelo). Et il y a quelque chose d'inquiétant, car paradoxal, dans l'usage qu'Olga fait de sa présence comme centre d'attention pour parvenir à la dépasser, donnant ainsi lieu à une transparence chaque fois plus grande à partir du vide personnel.
A partir de sa pièce Ceci n'est pas mon corps, elle va se reconstruire dans la présence comme écran et c'est là l'instantané que m'a révélé son travail ; son corps-présence : « J'observe l'écran. », comme lieu - endroit qui absorbe ton regard, et une fois orienté, ce lieu se dilate et se dilue jusqu'à créer un espèce de blanc lunaire où le regard du spectateur commence à agir comme un projecteur.
Ce phénomène crée un espace presque cinématographique dans lequel se produit l'image comme séquence poétique. En ce sens, elle se construit depuis une diaphanéité dans un présent où l'intention se dilue pour créer une attention vers l'instant.
Olga Mesa transcende la recherche constante pour (s'habiter) et danser dans la perte, qui est la rencontre que lui offre ce cheminement dans le désert (labyrinthe - over-into) sans carte ; et comme une boussole sa soif lui ouvre le passage vers ce devenir du désir qui l'anime, en pénétrant un courant d'argument liquide où le spectateur est conduit à nager. Cela arrive en nageant. Là où les images deviennent audibles à travers le corps-écran.
La résonance des images dans le regard du spectateur révélera peu à peu quelque chose qui ressemble à une poétique sonore de l'image.
Monica Valenciano
traduction Laurent Berger
Source Texte : Dossier Théâtre de la Bastille.
Genre : texte d'artiste
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Olga MESA (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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