Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Olga Mesa à propos de Monica Valenciano.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Monica VALENCIANO chorégraphe-interprète

Texte : Ici et Maintenant (Petite histoire pour un grand paysage)

La première et seule fois que j'ai rêvé de Monica, j'ai pu me souvenir en me réveillant d'une phrase qui disait : « Le problème se trouve dans la peur du succès », ce qui est le contraire de ce que l'on dit normalement, « Avoir peur de l'échec ». J'ai envoyé rapidement cette phrase par SMS à Monica qui voyageait vers son île des Canaries. Sa réponse fut immédiate : nous avons deviné une de nos énigmes communes ; là, nous avons une clé importante. Ce fut un moment révélateur pour toutes les deux.

Monica et moi partageons non seulement une quête humaine et artistique et le sang des Canaries, mais aussi dans notre intimité, un regard innocent vers nos propres abîmes et peurs.

J'ai rencontré pour la première fois le travail de Monica en 1992 à Madrid. Depuis, le regard intuitif, animal et sincère avec lequel Monica provoque la visibilité de ces trous-vertiges du vide, m'entraîne aveuglément vers sa communion rebelle, entre enracinement et dépouillement.

Le corps dans son travail, est une présence déjà révélée, dont l'identité se dévoile dans chaque respiration-geste, dans chaque interrogation-pulsation, dans chaque absence-silence (ou serait-ce abandon ?). Matière physique du déséquilibre et de ses sens.

Ses parcours physiques s'approprient l'espace en deçà et hors des limites, dessinant avec rage et tendresse sa grammaire sonore des sensations.

Une symphonie-rituel intime, ancestrale, d'amour et de désespoir (le désenchantement nécessaire du privilège d'être marginal).

Sa vision nous emmène de l'autre côté obscur du miroir, pour nous rendre plus qu'une image séductrice, une transformation en distorsion (presque perplexe) du désir, et de ses énigmes. Merveilleuse chimère du langage, de toutes ces miniatures fragiles du sentiment plus humain, populaire, et contradictoire.

Et c'est dons ce petit et presque invisible espace du soi, dans lequel Monica vit avec un tel dépouillement sa tension créatrice, que j'ai découvert un des parcours les plus riches et les plus personnels qui m'inspirent et m'accompagnent profondément jusqu'à aujourd'hui, depuis ces commencements à Madrid en 1992.

Merci à toutes ces personnes, qui ont permis que cette petite histoire partagée continue à grandir, ici et maintenant, ensemble à Paris. Et merci particulièrement à toi, pour ce regard, toujours si présent, qui nous accompagne.

Olga Mesa
Madrid, 26 mai 2004
traduction Laurent Berger





Source Externe : Dossier Théâtre de la Bastille.


Inséré le : 29/11/2004 00:00