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Envole moi.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Philippe Quesne / Vivarium Studio Metteur en scène

Texte : Envole moi.

La Démangeaison des ailes, une proposition autour de la notion de vol, d'envol et de chute a récolté un franc succès lors de sa première à l'Usine, dans le cadre du festival Frictions.
La Démangeaison des ailes n'est pas une pièce de théâtre proprement dite. Nous nous en rendons compte dès les premiers instants : pour arriver sur les bancs destinés aux spectateurs nous traversons la scène, scène qui ressemble plus à un lieu de travail. Des papiers, des classeurs, des livres partout. Beaucoup d'appareils techniques également dont nous ignorons pour l'instant l'usage. Puis ça commence sans vraiment commencer, plutôt comme si les hommes que nous avions interrompus en plein travail reprenaient là où ils s'étaient arrêtés. Un homme parle au micro pour nous donner une petite bibliographie de La Démangeaison des ailes. Dans sa "cage en verre" au fond de l'espace scénique, il se met à citer des titres... pendant à peu près un quart d'heure. En même temps une prof de Philosophie dont l'image est projetée sur le mur analyse en détail le rapport entre la Démangeaison des ailes, Platon et l'amour. Nous n'écoutons pas son exposé jusqu'à la fin parce que notre attention est attirée par un jeune homme à lunettes : à l'aide d'un simulateur de vol, il cherche à se procurer des sensations fortes. Une petite tête sur un écran fait des grimaces, des sourires, fredonne des chansons. Un chirurgien dentiste témoigne de sa passion pour l'aéromodélisme. Rodolphe et son chien (et oui un chien vivant sur scène) imitent le son de la mouette. Un jeune homme au pull à rayures raconte l'histoire de son voisin qui cherche à s'envoler à travers le plafond de sa chambre - nous attendons toujours la chute...
De la chute d'Icare à la musique des Subtle Turnhips, Philippe Quesne et ses collaborateurs considèrent le vol sous toutes ses formes. Ce rêve de l'homme de devenir oiseau, de s'élever dans les airs ressurgit à tout moment dans cette revue-spectacle hilarante. Ridicule bien sûr, la tentative de se catapulter dans les airs à l'aide d'une boîte vide collée sur une chaise. Pourtant, tous ces espoirs déçus, ces moments de désillusions profonde nous rappellent, à travers l'histoire de l'humanité, quelque chose de notre propre histoire.

Silke Koltrowitz



Source Externe : La dépèche le bien public mai 2003


Inséré le : 24/09/2004 00:00