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C'est la dure virtualité.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Philippe Quesne / Vivarium Studio Metteur en scène
Texte : C'est la dure virtualité.La performance théâtrale de Philippe Quesne tourne en dérision les promesses d'un avenir trop virtuel pour être parfait.Cet ovni artistique n'en finit de prendre son envol (contrairement à ses performers, qui jouent à s'y évertuer sans jamais y arriver...). Reprise cet automne au Théâtre de la Bastille,
La Démangeaison des ailes, délirante revue-spectacle de Philippe Quesne, sera déclinée façon performance à l'occasion de différents festivals. Instantanés, sous forme d'abécédaire, de cet indescriptible objet mêlant interviews audiovisuelles, performances théâtrale-technologiques, lectures et musiques.
A comme Ailes et D comme Démangeaison. L'expression-titre est signée Platon. C'est une prof de philo qui nous le rappelle, par écran vidéo interposé, extraits de textes à l'appui : les ailes qui nous poussent (quand l'amour naît) provoquent d'étranges démangeaisons...
C comme Chercheur... Sur la scène, qui ressemble à un grand atelier-laboratoire, deux comédiens-chercheurs flânent et s'affairent, multipliant les expériences dans l'espoir de réaliser un grand fantasme existentiel : vivre un vol hors apesanteur.
B comme Bibliographie. En bord de scène, derrière les vitres de ce qui pourrait être un studio radiophonique, un homme égrène lentement la bibliographie réunie sur le thème. Citant en vrac l'Association des astronautes autonomes ou les auteurs d'un manuel d'ornithologie, en passant par Bachelard, Umberto Eco ou Georges Perec.
G comme Glanage (ou Google). Quand il a décidé d'explorer, au travers de la démangeaison des ailes, les idées d'envol et de chute, Philippe Quesne a actionné ses moteurs de recherche pour collecter des images, des textes, des sons, des témoignages... Sauf qu'au lieu d'abandonner certaines pistes pour tricoter une mise en scène avec les autres, il les a superposées (copiées-collées) pour nous laisser naviguer, à la mode hypertextuelle, entre les élucubrations audio ou vidéo d'invités hétéroclites.
M comme Motion Capture. Pendant ce temps, un "scientifique" antihéros se barde de capteurs et autres stimulateurs sensoriels pour tenter, à grand renfort de moulinets de bras et de flexions des genoux, une simulation de vol virtuel, tandis que son double en images de synthèse s'essouffle avec lui puis se désolidarise sur grand écran.
P comme Performance. Ou Paradoxe. Une jolie performance d'acteur qui a dupé plus d'un spécialiste des arts numériques. Et tourne en dérision la vogue de ces "nouvelles technologies" devenues symboles de modernité, qui nous donnent l'illusion de pouvoir vivre ce que notre condition humaine prohibe. Le paradoxe (réjouissant), c'est qu'à l'image des ordonnateurs des festivals Emergences et Temps d'images, les équipes dédiées aux nouveaux médias se sont précipitées pour commander à Philippe Quesne une performance dérivée de la performance. Tapis rouge à l'authentique simulation au royaume de l'art visuel.
Cathy Blisso
Source Externe : Télérama Sortir Mercredi 22 sept 2004
Inséré le : 22/09/2004 00:00