Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Jacques two Jacques.
Jacques two Jacques.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Jacques Bonnaffé acteur
Jacques DARRAS auteur
Texte : Jacques two Jacques.Deux Jacques d'une seule voix.
L'un vient de la Picardie supérieure (Douaisis), l'autre de la Belgique méridionale, (Marquenterre), tous deux se prénomment Jacques, Bonnaffé ou Darras, compères de longue date en lectures, interventions poétiques, conversations suspendues et malicieuses joutes oratoires. Le comédien et le poète se retrouvent ici pour poursuivre un dialogue noué au fil des ans. Le spectacle démarre en trombe à bord d'une autotamponneuse, et nous voilà embarqués pour une virée poétique à travers les paysages du nord et de la Belgique. On dévale la Grand-Place de Bruxelles, sur le rythme trépidant d'une symphonie de Liszt pour poids lourds et klaxons, on enjambe allègrement des frontières linguistiques, on suit les méandres enlacés de l'Escaut on explore le cadastre de l'enfance, non sans avoir avalé en chemin quelques lampées de bière Jeanlain...
Cette partition « s'appelle le monde, partition en sol mineur et ciel majeur en tuiles diésées en trèfle blanc ».
Le verbe coule. serpente, ruisselle, gorgé de miel acidulé, lardé de traits caustiques. La langue tressaute, virevolte, s'enfle et s'épanouit en mélopées frondeuses. Trafiquant d'âme, chiropracteur de mots, Jacques Darras est un vrai braconnier du langage, qui batifole avec les sonorités pour créer du sens et dessiner des sourires au lèvre. Contrepèteries, calembours, satires... Il entourloupe les phonèmes et court-circuite joyeusement la grammaire. Ses compagnons de rêves se nomment Adam de la Halle, Aragon, Don Quichotte, Klee ou Tinguely.... Jacques Bonnaffé se balade à travers des pages chipées de ça de là, dans des recueils somptueux, « La Maye », « Van Eyck et les rivières », « Moi j'aime la Belgique »... En acrobate espiègle, il fait fi des sacro-pieuses précautions acteur soi-disant passeur : il empoigne les phrases, dribble avec les vers, se blottit au creux d'une causerie. Nous, on l'écoute, captifs, parce qu'a au cœur du charbon, quand on tend bien l'oreille, on entend quelque fois des forêts ».
Gwénola David.
Source Externe : La Terrasse juin juillet 2004
Inséré le : 22/06/2004 00:00