Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Boris Charmatz joue l'interprète.
Les Disparates.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Boris CHARMATZ chorégraphe-interprète
Texte : Boris Charmatz joue l'interprète.
Rien n'est jamais simple avec Boris Charmatz. C'est que le chorégraphe, danseur contemporain magnifique, est une tête chercheuse qui résoud ses questions avec son corps. Il en est résulté une foison d'inventions, de « Herses », ballet nu, à « Cons forts fleuves », pièce surchargée de vêtements. En fondant son association chorégraphique, baptisée edna, avec Dimitri Chamblas, ils ont décidé que les pièces créées, pour difficiles qu'elles soient à recevoir parfois, défieraient les années. Il reprend donc
Les Disparates, un « solo bicéphale » créé voici dix ans. Bicéphale car co-chorégraphié avec Dimitri Chamblas et interprété par Boris Charmatz.
« Il y avait dans ce solo beaucoup d'interrogations liées à notre parcours d'interprète. Il y a dix ans, nous ne savions pas si nous danserions avec Duboc, Keermaeker ou Bagouët. On était partagés entre le pathos de certains et la finesse d'écritures d'autres », dit Boris Charmatz. D'où un solo plein d'embardées, ces diverses directions y étant « juxtaposées ». A côté de l'interprète est posée une sculpture de Toni Grand,
« ni colorée, ni articulée, ni manipulable pour établir un rapport de non collaboration, un contrepoint immobile en antithèse du danseur ». En deuxième partie s'ajoute, aujourd'hui, un film de la pièce interprétée dans des conditions radicalement différentes du spectacle :
« En plein air, et en ville ce qui lui donne des allures de comédie musicale. » Charmatz et Chamblas manient dans ce solo le procédé de mise en abyme avec beaucoup d'efficacité. Charmatz passe d'un costume à l'autre et d'une écriture à l'autre, interprétant chaque séquence dans un silence de studio que scande le bruit des pas, des sauts, et de l'effort. On se trouve ainsi en prise brute avec l'interprète, être de mystère qui prend consistance dans l'écriture d'un autre. Confronté à l'esprit d'aventure, à la jubilation et la solitude du danseur qui s'engage envers un chorégraphe. Complétant la danse, le film ajoute un point de vue supplémentaire. Celui du réalisateur, César Vayssé, original et assez déjanté qui, à son tour, fait voler en éclats les certitudes du spectateur.
Ariane Bavelier
Source Externe : Le figaroscope du 26 mai au 1er juin 2004
Inséré le : 27/05/2004 00:00