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Les Disparates solo bicéphale Présentation.


Les Disparates solo bicéphale.






Les Disparates solo bicéphale
chorégraphie de Boris Charmatz et Dimitri Chamblas/
association edna
Présentation.



Note d'intention


Il faudrait un silence de mort, des lumières si simples qu'il suffirait d'un interrupteur. Un homme tout seul à côté d'une structure immobile et pesante, des accords magnifiques, de gros sons mélangés tombant parfois ça et là, et trois costumes. Il y aurait beaucoup de gestes très personnels, très complexes, très riches, fous et absolument intransmissibles, sans trop se soucier des transitions.
Il faudrait aussi rapprocher notre petite histoire spectaculaire de nos notions fondamentales de l'histoire de la danse moderne, ceci en trois parties.
Mon premier serait l'exacerbation, le pathos, l'engagement.
Mon deuxième serait l'abstraction, la distanciation, la maîtrise, l'apaisement.
Mon troisième serait l'introduction à la joie, l'engouement, le souvenir des fêtes parisiennes. (Comme si par ces trois aspects, on pouvait passer par toutes les variantes de « l'état de danse ». Partir de la bile, effleurer le cervelet et revenir au cœur, toucher à l'universel depuis notre estrade en étendant les doigts).
Il faudrait laisser les fantômes revenir un instant, penser aux morts, dédier ces disparates à ceux qui partent. Ce serait très sérieux et très enlevé.
Boris Charmatz et Dimitri Chamblas



Lors de la création des Disparates, nous souhaitions nous placer à côté de collaborations entre plasticiens et chorégraphes aussi intéressantes que Factory (réunissant Hervé Robbe et ses interprètes avec Richard Deacon) ou Projet de la matière (d'Odile Duboc avec Marie-Josée Pillet).
Les Disparates n'est pas une collaboration avec Toni Grand, mais le choix d'une œuvre de l'artiste afin de l'amener en tant qu'elle-même sur la scène. Nous cherchions un contrepoint immobile à nos agitations : cette sculpture représente pour nous un objet esthétique non spectaculaire, fermé sur lui-même, non articulé, non manipulable, non déplaçable a priori, lourde sans que ses 700 kilos soient même perceptibles !
Notre première pièce (à bras le corps, 1992) jouait d'un cadre intimiste dans lequel venait s'inscrire une danse explosive qui forçait la distance - nécessaire au jugement - entre la danse et le public. Pour Les Disparates, il nous semblait opportun d'assumer la distance du plateau de théâtre en posant sur celui-ci une masse décontextualisée, conçue a priori pour être vue de près, contournée, touchée. Proposer une non-collaboration à un artiste de la génération de nos pères dont le travail nous interrogeait de longue date. Plutôt que d'inventer une danse-fonction de cette présence plastique, nous nous contentions d'un double régime de présence : celle d'un corps dansant, changeant, vieillissant à vue d'œil, agité sans cesse dans des choix spectaculaires disparates, et celle d'un objet ne s'adressant pas, bien qu'il propose un au-delà à l'attention portée à ses propres conditions de production. Cette sculpture est le résultat d'une action : section d'une pierre en huit, éclatement et maintien du tout à l'aide de résine. Mais ce travail précis laisse résonner des échos informulés dans une structure apparemment hermétique.
Lors des premières représentations, cette sculpture a vaillamment résisté à l'incompréhension de ceux qui ne sentaient pas l'indispensable poids de cette œuvre dans l'œuvre !
Mais pour nous la nécessaire interrogation de nos pratiques passait par cette absence de mouvements perceptibles dans une pièce agitée.
Boris Charmatz et Dimitri Chamblas



Source Texte : Théâtre de la Bastille.

Genre : texte d'artiste
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Boris CHARMATZ (chorégraphe-interprète), Dimitri Chamblas (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

A voir :