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Jachères Improvisation Distribution et Biographies.
Jachères Improvisation.
Jachères Improvisations
conception de Vincent Dupont/association edna
Distribution et Biographies.
Avec : Thierry Balasse, Vincent Dupont, Yves Godin, Myriam Lebreton,
Eric Martin.
Textes : Christophe Tarkos. Ma langue, tome III « Donne » éditions Al Dante/collection Niok 2000
Lumière : Yves Godin
Administration : Angèle Le Grand
Chargée de production : Laura Beurdeley
Thierry Balasse
C'est par la pratique de la batterie et des percussions et par un détournement du potentiel musical traditionnel de ces instruments, que Thierry Balasse oriente son travail de musicien vers une recherche sonore. à l'Ensatt, il apprend le métier d'éclairagiste-sonorisateur. Pendant dix ans, il concentre essentiellement ses recherches sur des pièces de théâtre : « Je trouvais que le son au théâtre était assez pauvre, c'était souvent du bruitage ou de la musique. Je me suis particulièrement attaché à la notion de son et à la relation spatiale entre le visuel et le sonore pour comprendre à quels endroits ces différents paramètres se rejoignent ».
En 1995, il co-écrit le scénario et réalise la partie sonore du parcours-spectacle Voyage au centre de la terre, sur le site minier de Noyant-la-Gravoyère. Parallèlement, il mène dans le cadre du DHEPS (diplôme de l'école des hautes études de pratique sociale) à Paris-Jussieu une recherche sur l'écoute et la perception, sur la psychologie de la perception, en collaboration avec des scientifiques et des sociologues : « J'ai cherché à mettre en avant les possibilités du cerveau à lier les différentes perceptions sensorielles ». Suite à une collaboration avec Etienne Bultingaire, Thierry Balasse enregistre en live un solo de percussions de Jean-Pierre Drouet : « Je mixais le disque en direct et j'ai découvert un autre monde que celui de l'enregistrement avec un standard stéréophonique. Petit à petit, j'ai développé un travail de son pour le disque, insufflé par tout ce que j'avais pu apprendre au théâtre et notamment par cette posture très libre qui est propre à la création sonore sur scène ». En 1996, Thierry Balasse crée la structure Inouïe, afin de développer ses propres projets : « j'avais envie d'explorer une forme d'écriture audio qui puisse être narrative, onirique... non pas un style musical, mais plutôt une autre approche de réalisation ». Il réalise ainsi le premier enregistrement sonore de la Déclaration des droits de l'homme, suivi de QQCQCD, une fiction pour platine, deux écouteurs et un auditeur : « Peu de gens sont habitués à une écoute au casque, or là je les emmenais dans un univers où les écouteurs nous parlent ». En 2001, il démarre une série de portraits phonographiques de différents musiciens impliqués dans la création musicale contemporaine et prépare un spectacle auditif en multi-diffusion : Le Mur du son>.
Pour Jachères Improvisations, il travaille le matériau sonore en étroite collaboration avec Vincent Dupont : « l'idée de départ de Vincent Dupont était un travail au casque contrastant avec cette image lointaine : nous avons travaillé cette dimension de décalage entre l'intime et le lointain, à laquelle nous avons ajouté la diffusion du son par des enceintes pour également affirmer ce contraste d'un point de vue sonore. Il n'y a aucun matériau sonore préexistant au spectacle : pas de bande, aucun enregistrement. Le point de départ, c'est le travail de voix de Vincent Dupont, que je récupère pour le traiter dans l'espace. Je travaille avec des sons de synthèse qui agissent « en plan » modulable par rapport à la voix et qui modifient ainsi le rapport de voix ».
Vincent Dupont
Vincent Dupont a une formation de comédien. C'est avec le théâtre qu'il signe ses premières collaborations en tant qu'interprète auprès de Thomas Gennari, Luc Tartar, Hubert Colas et Antoine Caubet. De l'insatisfaction éprouvée face à un théâtre français majoritairement cloisonné, naît l'envie de croiser le champ d'autres disciplines. Sa rencontre avec la danse a lieu avec le chorégraphe Thierry Niang sur un spectacle de Philippe Brzezanski intitulé Le Chantier, suivi d'une reprise de rôle chez Georges Appaix (F), et d'une création avec Catherine Pouzet (Der Ozean). En 1997 il rencontre Boris Charmatz avec qui il crée herses (une lente introduction) puis Conforts fleuve. D'autres collaborations se feront dans le milieu du cinéma avec Claire Denis (J'ai pas sommeil), Boris Jean, Chantal Richard et Bruno Rolland. Avec Le Verdict (1999), une adaptation d'une nouvelle de Kafka, il signe sa première création. Puis il participe aux soirées Hors-séries de l'association edna et expérimente des croisements entre texte et mouvement tout d'abord, puis entre son et arts plastiques.
Le désir de Jachères Improvisations est né dans ce cadre de création dynamique et ouvert : inspiré par la photographie d'une installation de Stan Douglas, il explore la singularité de l'espace et travaille dans les interstices des corps des deux danseurs pour les amener à restaurer la tension indicible qui donne toute son étrangeté à cet univers intime et minimaliste. En novembre 2003, il signe [dikromatik] et ajoute à la dramaturgie des corps de Jachères Improvisations une dramaturgie de la perception. Son travail se concentre sur des matériaux qui contournent l'équilibre sensoriel des spectateurs.
Yves Godin
Eclairagiste autodidacte, Yves Godin collabore au début des années quatre-vingt-dix aux projets de nombreux chorégraphes (Fattoumi-Lamoureux, Hervé Robbe, Georges Appaix) abordant ainsi un vaste champ d'expérimentations esthétiques. Il développe avec eux une relation axée sur la recherche mutuelle, s'opposant au modèle dominant d'un créateur lumière illustrant des corps déjà en mouvement, dans un espace déjà édifié. Plus récemment, il travaille essentiellement avec des chorégraphes, musiciens ou des artistes visuels sur des projets défendant une certaine idée de la transversalité (Alain Michard, Sylvain Prunenec, Kasper Toeplitz, Ingrid von Wantoch Rekowski, Nadia Lauro, Claude Wampler, Rachid Ouramdane, le Quatuor Knust...). Il poursuit depuis des années une relation artistique privilégiée avec Emmanuelle Huynh et Boris Charmatz autour de différents projets (pièces, installations, performances). Sa démarche porte sur l'idée d'une lumière non dépendante de la danse, de la musique ou du texte, mais qui puisse entrer en résonance avec les autres composantes de l'acte scénique, en travaillant autour de deux axes principaux : la perception de l'espace et du temps, et le tissage de liens en réseaux, plus ou moins anachroniques avec les autres natures en présence (corps, sons, temps). Ces deux dernières années, il a poursuivi un travail autour de Jachères Improvisations et [dikromatik] de Vincent Dupont, Pezzo O de Maria Donata d'Urso, héâtre-élévision de Boris Charmatz, de This is an Epic de Jennifer Lacey et Nadio Lauro et A vida enorme Episode 1 d'Emmanuelle Huynh. Si Jachères Improvisations est esthétiquement très affirmé, cela ne résulte en rien d'un procédé scénographique orienté vers un travail d'image, au contraire : « Dans ce cadre scénique, qui représente un appartement inspiré d'une photo de Stan Douglas, les lumières quelles qu'elles soient, renvoient forcément à l'imaginaire américain tel qu'il est par exemple représenté dans les peintures d'Edward Hopper. Mon problème ne se situe donc pas dans cette question d'esthétique, mais dans le fait d'être dans un travail d'improvisation, et sur une distorsion du réel pour ouvrir d'autres espaces-temps. »
Myriam Lebreton
Myriam Lebreton traverse les champs de la danse, du théâtre et de la voix en maintenant une présence singulière que ses choix artistiques rendent inclassable. Appartenant à une génération d'élèves de l'école Mudra, elle partage ses classes avec Hervé Robbe, Carlotta Sagna, Luis Ayet, Emmanuelle Huynh... à cette époque, l'école bruxelloise est encore ce creuset artistique de la génération émergente des années 80, un lieu de formation et d'agitation pluridisciplinaires qui forme les élèves à une ouverture sur les autres champs de la scène. Son corps à rebours des canons chorégraphiques, sa forte présence physique et vocale inspirent les univers chorégraphiques d'Hervé Robbe et de Régine Chopinot. Elle rencontre ensuite Dominique Bagouet et participe à la création de K de E d'Olivia Grandville et Xavier Marchand, un projet autour de l'oeuvre de Kurt Scwitters où danse et parole avançent ensemble. Elle collabore ensuite avec Sylvain Prunenec et participe au projet Past-Forward-Paris du White Oak Dance Project de Michaïl Baryshnikov. Depuis 1997, elle travaille régulièrement avec Boris Charmatz : herses (une lente introduction) ; Conforts fleuve, « une pièce qui demande un grand engagement intellectuel et physique, un travail qui oblige à se situer en tant qu'individu face à
à un projet héâtre-élévision ; soirées hors-séries et sessions d'improvisation. Avec Vincent Dupont, elle participe à la création de Jachères Improvisations, puis de [dikromatik] en 2003. Pour Jachères Improvisations, elle s'attache presque exclusivement à la matière et à ses champs perceptifs : matière sonore, corporelle, lumineuse... ouvrant la voie à une étonnante construction de la présence : « Dans cette pièce, il n'est pas possible de jouer sur la présence, ou sur l'idée de la représentation du spectacle. Comment les choses se font-elles dans un tel contexte ? Nous sommes là, mais au niveau dramaturgique nous investissons les choses au minimum du minimum. Tout doit diffuser vers l'extérieur ».
Eric Martin
Aux lignes bien droites d'une carrière toute tracée, éric Martin préfère le virage, la bascule : un parcours sur vingt ans qui ressemble à un tranquille déboulonnage d'un modèle de danse à un autre pour en extraire progressivement son « pur jus » chorégraphique. Dans ce processus de déséquilibre lucide, il explore sur de longues périodes les rouages d'un art d'abord dédié au patinage artistique, puis à la danse, du modern-jazz avec Redha et la compagnie de Bruno Agati (1983 à 1989) au contemporain avec Philippe Decouflé. à la fin des années 80, il participe au cortège bariolé de La Marseillaise dirigée par Jean-Paul Goude pour le bicentenaire de la Révolution française. Suite à cette expérience, Philippe Decouflé l'engage pour la création de Triton (1990). S'ensuit une collaboration de onze ans pendant lesquels il créera Novembre (1990), Petites pièces montées (1993), Denise (1995), Decodex (1995), Marguerite (1997), Triton 2 ter (1998), Shazam (1998), et collaborera pendant un an et demi à la Cérémonie d'ouverture des jeux olympiques d'Albertville (1992).
Peu à peu, Eric Martin développe au sein de la compagnie un travail plus personnel. Il chorégraphie deux solos, Bonus (1993), L'Avis du pense-bête (1996), et réalise Abracadabra (1997) un court-métrage 3D en motion picture. A l'issue de cette période, il est engagé par les Carnets Bagouet pour la re-création de Meublé sommairement de Dominique Bagouet, travaille avec Andres Wacksman à Barcelone pour le solo Kiddyland, participe à la création de Jachères Improvisations de Vincent Dupont, avec qui il collaborera de nouveau pour [dikromatik] en 2003, et s'associe à la création de Christian Rizzo : Avant un mois je serai revenu et nous irons ensemble en matinée, tu sais, voir la comédie où je t'ai promis de te conduire. Il performe par ailleurs dans Programme Court avec essorage, installation - performance de Gilles Touyard, Julia Cima et Boris Charmatz, dans Entrez en résistance de Woudi-Tat, collabore régulièrement avec l'artiste Agnès Turhnauer et poursuit ses recherches personnelles (performance Laine sur parquet). Dans Jachères Improvisations, Eric Martin oriente le travail chorégraphique vers une présence très intime. « Dès le début, j'ai souhaité m'extraire de tout travail théâtral et narratif. Je voulais aussi m'extraire du corps pour être dans le volume de cet espace figé, limité et palpable, dans lequel nous évoluons. Je me projette dans cette pièce comme s'il s'agissait du moule du corps. Cette densité est beaucoup plus présente que si je devais traverser une scène avec une écriture du mouvement bien canalisée ».
Source Texte : Théâtre de la Bastille.
Genre : biographie
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Vincent DUPONT (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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