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Lauwers experiences.
Needlapb.
Lauwers Experiences.
Depuis 1985, les spectacles de la Needcompany sondent la complexité de l'âme humaine. Son fondateur, Jan Lauwers revient sur son objectif permanent : nous déstabiliser. Et changer notre vision du monde.
La Needcompany investit Paris avec deux spectacles présentés par le théâtre de la Bastille et le théâtre de la Ville : Needlapb, la dernière création de Jan Lauwers et And, celle de Grace Ellen Barkey.
Jan Lauwers, reçoit dans son atelier de Bruxelles, celui de la Needcompany qu'il a créée en 1985, après avoir été le principal instigateur du travail collectif fabriqué à l'Epigonontheater : un hôtel de maître près de la rivière dans le quartier flamand de la ville, avec deux ateliers et un studio. Le fauteuil de Lauwers est un ballon d'Andy Warhol, énorme coussin gonflé à l'hélium.
Il parle de son prochain spectacle, Needlapb, qu'il présentera pour la première fois au printemps a Paris, après une lecture à Gand et avant le Festival d'Avignon. Needlapb ? Le mot vient de Needcompany, Lab est l'abréviation de laboratoire. Lap vient simplement du néerlandais « mettez-y le paquet ». Ce qui donne le ton à la soirée : « détachée, agréable, où tout le monde dispose de son espace, où l'on boit un verre... »
Dans Needlapb, avec six acteurs et quatre danseurs ainsi que des invités-surprises (auteurs, acteurs, musiciens, vidéastes...), Jan Lauwers accueille lui-même le public pour lui permettre de jeter librement un regard dans les coulisses de la création et de se rapprocher des sources d'élaboration du travail scénique. « Je cherche toujours à détruire l'espace de virtuosité qu'est le théâtre confie-t-il. La virtuosilé est un moyen, pas un but. Neediapb, un texte très écrit, même s'il se présente aussi, sur le plateau, à chaque fois comme une page blanche où tout est possible. »
Voici donc l'histoire d'une femme enfermée dans une chambre à Paris. Elle raconte sa vie, ses amants, son fils assassiné en Afrique par un seigneur de la guerre. Elle vit au milieu d'objets africains et égyptiens : deux cent pièces archéologiques et anthropologiques, bibelots, bijoux, sarcophages... Ce texte - La chambre d'Isabelle - est aussi autobiographique.
Le premier acteur que Jan Lauwers ait connu fut, plus tard, assassiné en Somalie, Jan Lauwers a lui-même vécu au milieu d'une collection privée, celle de son père. Enfant, « il jouait tout naturellement avec des statuettes de chat égyptien » comme d'autres s'amusaient avec des soldats de plomb. « Je veux provoquer une évocation confrontante avec ces vrais objets (la tête momifiée d'un enfant par exemple) et les acteurs. » Quitte à déstabiliser tout le monde... Jan Lauwers n'est pas un dandy qui se cloîtrerait dans son musée imaginaire. Son théâtre est toujours politique, comme l'a montré No comment (2003) qui s'inspire de la pornographie ou de l'affaire Dutroux ou encore Goldlîsh game, son premier long-métrage. Ce film, qui vient d'être primé au Festival du film de Sundance, fait le récit d'une histoire vraie : celle de la découverte sur la côte belge d'un container renfermant les cadavres de cinquante réfugiés chinois. Jan Lauwers aime expérimenter des formes et des modes de connaissance différents. Dans Neediapb, il a imaginé le personnage d'Isabelle, aveugle avec une caméra greffée dans le cerveau, pour montrer « la puissance de l'imagination qui élabore des images, des formes et des scénarios », révélant une façon d'être humain inédite, surprenante et émouvante. Entre passé et modernité, Needlapb s'interroge ainsi sur le mystère des objets et l'insolite complexité humaine. Les uns ne sont-ils pas la métaphore de l'autre ?
Isabelle Danto.
Source Texte : Théâtre Mars 2004
Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Jan LAUWERS (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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