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Le courant passe.
Tambours battants.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Arne SIERENS auteur
Koen de Sutter Metteur en scène
Texte : Le courant passe.
Un passé commun découvert entre deux personnages.
«Tambours battants» est une pièce rock n'roll qui n'y va pas avec des pincettes.
Ils sont terribles ces artistes qui nous viennent de Belgique et des Flandres. Ils ont un talent manifeste pour dézinguer sans fioritures les questions fondamentales de l'existence. De celles qui émergent de nos années contemporaines comme celles qui courent éternellement dans les textes du répertoire classique. Le Théâtre de la Bastille, qui les aime bien, les accueille souvent. Les Platel, Jan Fabre et autre groupe Tg Stan, ce dernier confirmant, il y a juste quelques semaines, tout son savoir-faire en engageant un match de catch mémorable avec le texte de Diderot,
le paradoxe du comédien. Avec eux, la frite est piquante et l'alcool fort.
Aujourd'hui, c'est Arne Sierens, pour le texte, et Koen De Sutter, pour la mise en scène, qui débarquent. Dans la pièce
Tambours battants, ils font remonter la machine à souvenirs, à coups de rock n'roll bien enlevés et de « liquides » bien relevés, de Paola (Marijke Pinoy, fabuleuse dans le rôle) et Raymond (Jan Steen, grand échalas décalé façon Giacometti). Le hasard d'une petite annonce les fait se rencontrer chez elle. Un décor minimal juste signifiant avec évier inox côté jardin, frigo (bien rempli) au centre, et côté cour batterie complète d'instruments à percussion, une plante verte dans son pot, une grosse soufflerie et quelques tabourets. En second plan, au fond, la place est réservée à l'orchestre rock de l'excellent groupe PJDS.
La température monte. Paola cherchait donc un professeur de batterie pour son fils Niek (que l'on ne verra pas). Raymond a lu l'annonce et se présente, un emplâtre sur le nez. Après les bla-bla-bla d'usage, les deux se découvrent des liens communs : Paola a été pendant des années la compagne de Serge, le demi-frère de Raymond. Entre la jeune femme plutôt bien mise dans sa robe rouge moulante et ses hauts talons brillants et le grand timide qui ne vend pas particulièrement ses talents de batteur, la température va monter. Le Serge de leur passé ne rêvait que de musique électriques, avait formé un groupe, et Paola suivait. C'était l'époque du sex-drug-rock n'roll. Des rêves de gloire et des tournées minables. Et ce Serge prend toujours la tête de Paola et de Raymond.
Les deux comédiens s'engagent dans une danse-combat déjantée physique, bourrée de rifs tendus. Le dialogues, pas d'une grande richesse relèvent plutôt d'une certaine télé réalité. C'est l'époque ! Mais la performance des deux artistes est à couper le souffle.
Jean-Pierre Bourcier.
Source Externe : La tribune Lundi 8 mars 2004
Inséré le : 09/03/2004 00:00