Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Joël Jouanneau renoue avec l'errance.
Dickie.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Joël JOUANNEAU - Delphine LAMAND Metteur en scène
Texte : Joël Jouanneau renoue avec l'errance.
Après quatorze ans au Théâtre de Sartrouville, le metteur en scène ne renouvelle pas son bail. Il reprend la route avec sa compagnie l'eldorado.
C'était « tout benef » comme on dit. En 1989 Joël Jouanneau prend sa place au Théâtre de Sartrouville comme « artiste associé ». Il s'y plait et s'y tient. Il pouvait y mener ses activités en toute liberté, sans obligations ni de sa part, ni de celle de la direction.
« Tout se jouait sur le désir, l'ai donc pu me consacrer entièrement à l'écriture et à la mise en scène sans aucun autre souci technique ou administratif ».
Pendant neuf ans, Joël jouanneau sait qu'il peut venir à Sartrouville quand il le souhaite, qu'il y dispose
« du gîte et du couvert », et d'une liberté folle.
« Avec Claude Sevennier [le directeur), nous avons su travailler ensemble ». Ce qui leur vaut le prix du meilleur établissement culturel remis en son temps par Jack Lang. Au terme de ces neuf années, Sartrouville devient Centre dramatique national. Il fallait un artiste à la tête : Joël Jouanneau, bien sûr. Le voici co-directeur.
Hélas, le contrat –rêve de tout intermittent- « Tue le désir ». Il faut s'en tenir à la convention.
« Après des années de « Concubinage » nous passions par le mariage. Ce ne serait plus pareil. » Joël jouanneau achève donc son engagement de trois ans le 31 décembre prochain. Il ne le renouvellera pas. Ce mois d'octobre, il vient d'y créer
Dickie, un Richard III d'après Shakespeare, sa dernière pièce.
« Ce spectacle est un salut au public de Sartrouville, un manifeste pour mon action dans les années qui viennent. Il y aura moins de spectacles, je m'exposerai davantage comme auteur. » Professeur au Conservatoire depuis quatre ans, Joël jouanneau retrouve dans le grand répertoire son énergie.
« Dickie confronte les acteurs à un personnage mythique du théâtre : le terrible Richard III, assassin, sublime, retors, hideux, inclassable. Très vite, l'idée m'est venue de ce prénom, presque un sobriquet : « Dickie ». Ainsi l'appelait Marguerite d'Anjou son ennemie. Cela m'a conduit dans l'enfance de Richard III. je l'ai rapprochée de la mienne ! Dickie est une sorte d'autoportrait. A quoi s'ajoute l'absence de Dieu. Pourquoi le châtiment ne frappe-t-il pas Dickie ? Je ne crois pas en Dieu, mais je reconnais que son absence rend d'autant plus insupportable la cohabitation entre le mal et le bien. » Joël Jouanneau reprend la route avec sa compagnie l'Eldorado. Sachant qu'il ne pouvait risquer sur le plateau de Sartrouville certains projets trop « élitistes » de rencontres avec des auteurs contemporains, il vit son départ comme une libération.
« Je vais pouvoir renouer avec l'errance, créer sur différentes scènes. » II ne souhaite pas rejoindre un autre centre dramatique, car l'écriture exige, dit-il, une disponibilité intérieure difficilement conciliable avec une direction au quotidien. Joël Jouanneau ira où l'on voudra de lui. Mais il reviendra à Sartrouville -
« avec joie. Si l'on m'y invite ». En attendant,
Dickie tourne en France et en Suisse.
François Varlin
Source Externe : Théâtre Nov Dec 2003
Inséré le : 02/03/2004 00:00