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Mise à l'épreuve.
Tambours battants.
Mise à l'épreuve.
On le sait, il y a un art du Nord qui excède, précède. Un art puissant qui exprime une vitalité et un sens de la vanité de toute chose aussi, un art qui donne sur la mort ricanante des carnavals à la Ensor. On connaît bien, au théâtre, ce que l'on peut désigner comme l'esprit d'Anvers. Pas une école. Mais le faisceau de talents très divers et très forts. Il y a quelques semaines, et déjà au Théâtre de la Bastille, on avait applaudi une version très enjouée des pensées de Diderot (Du serment, de l'écrivain, du roi et de Diderot) par trois interprètes époustouflants venus de trois compagnies différentes.
On connaît mieux encore Ame Sierens dont on a vu, ici même, il y a un an à peu près, Pas tous les Marocains sont des voleurs, spectacle en prise avec la tourmente adolescente. Ici, le thème est différent, qui nous ramène dans les années 70. Un orchestre suit la représentation, ne la commente pas. mais l'accompagne. Il est question de musique. D'un groupe, du rêve d'un groupe noué autour d'un type fascinant mais de mauvais aloi, un groupe depuis longtemps disloqué, un type depuis longtemps disparu. Cette femme, cette blonde à chignon et tailleur, Paola
(extraordinaire Marijke Pinoy), a vécu avec lui, a eu un enfant il a 13 ans, il veut apprendre la batterie. Elle passe une annonce et se présente Raymond (fascinant Jan Steen)... demi-frère de ce Serge qui n'est qu'un raté, sans doute.
Les artistes réunis autour de Koen De Sutter se désignent comme des « forgerons de théâtre » et il y a dans cette proposition spectaculaire une violence, une mise à l'épreuve et des interprètes et du public, quelque chose de forcené qui dérange et retient Qui n'est en rien gratuit Ce n'est pas du théâtre à mettre sous tous les yeux. Mais l'engagement profond de Marijke Pinoy et de Jan Steen force l'admiration. Et répétons-le, ici, rien n'est coupé du sens profond de l'histoire. C'est le désespoir et l'impuissance qui affleurent C'est éprouvant mais remarquablement représenté.
Armelle Héliot
Source Texte : Le Figaro Mardi 2 mars 2004
Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Arne SIERENS (auteur), Koen DE SUTTER (Metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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