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Une femme dans la peau de Richard III.


Dickie






PARIS Une femme dans la peau de Richard III

Cécile Garcia-Fogel n'est pas actrice à se laisser cantonner dans un emploi : elle aime la diversité, la difficulté, et se plaît dans les personnages ambigus où la richesse d'un acteur peut pleinement s'exprimer. Au Théâtre de la Bastille, elle joue Dickie, un Richard III d'après Shakespeare rêvé par le metteur en scène Joël Jouanneau, à qui l'on doit le beau spectacle Madame, on meurt ici, de Louis-Charles Sirjacq, avec Roland Bertin, et le grand succès public Les Amantes, d'Elfriede Jelinek, présentés tous deux au Théâtre ouvert. Dickie, c'est le roi Richard jeune, à un moment où les blessures de la vie taillent à même le corps et imprègnent définitivement la destinée. «J'ai déjà joué avec Joël Jouanneau, dans une pièce de Normand Chaurette, sur les coulisses de la pièce de Shakespeare dans laquelle j'étais la femme de Richard III, explique Cecile. A l'époque, Jouanneau m'avait demandé, pour construire mon rôle, de penser à celui de Richard. Alors, lorsqu'il m'a proposé de le jouer véritablement, j'ai été ravie. J'aime jouer des rôles d'hommes. Cela permet plus d'amplitude. Surtout chez Shakespeare, où les rôles de femmes sont souvent ceux de mères, d'épouses ou de jeunes filles violées... Si, pour un acteur, il n'est pas rare d'avoir l'occasion de creuser l'androgynie, c'est moins courant pour les femmes. J'avais déjà interprété des jeunes filles qui se travestissent en jeunes hommes, comme il y en a beaucoup dans le théâtre classique, mais jouer un homme implique une crédibilité du début jusqu'à la fin là où un rôle de travesti permet des relâchements car il y a une entente implicite avec le public.» Dans Dickie, Joël Jouanneau convoque ses auteurs chéris (Chaurette, mais aussi Michel Deutsch, Henri Michaux, Jorge Luis Borges ou Peter Handke),avec lesquels il compose un Richard III de l'enfance qui comprend tôt le prix à payer d'être né différent. «C'est un melting-pot de textes. Il a réussi à constituer une trame autour du personnage de Dickie jeune, entouré de reines. La mère de Richard est jouée par un homme, et son frère par une comédienne. Cela impose d'emblée un regard décalé.» Outre une carrière théâtrale riche, aux côtés d'Alain Françon, Bernard Sobel, Gildas Milin ou Julie Brochen, avec qui elle a joué, il y a quelques années, dans l'énigmatique Penthésilée, Cécile Garcia-Fogel est également metteur en scène. Le Théâtre de la Colline accueillera d'ailleurs au printemps son Foi Amour Espérance, d'Ôdön Von Horvath. La jeune femme a reçu en 1997 le Prix de la révélation féminine décerné par le Syndicat national de la critique pour sa mise en scène, dans le même Théâtre de la Bastille, de Trézène Mélodie, une version jazzy de Phèdre. Alors, si de temps en temps Cécile met un pied sur les plateaux de cinéma - on l'a vue dans L.627. de Bertrand Tavernier -, elle n'y consacre que peu de temps. Le théâtre, pour elle, «c'est une drogue.'».

HP




Source Texte : PARIS Une femme dans la peau de Richard III

Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Joël JOUANNEAU (Metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

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