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Paradoxes pour trois comédiens.
Du serment de l'écrivain du roi et de Diderot.
Paradoxes pour trois comédiens.
« Du serment de l'écrivain du roi et de Diderot ».
Ils sont trois, représentatifs de groupes d'artistes anversois. Carnavalesques et cocasses, tonitruants et irrésistibles, ironiques et féroces, ils s'emparent des interrogations de Diderot sur le jeu, le réel et l'illusion et en font un spectacle jubilatoire aussi intelligent que drôle.
Dans la salle réhabilitée du théâtre de la Bastille, un dispositif bifrontal a été installé : entre deux volées de gradins sur lesquels sont posées des chaises, un étroit espace scénique totalement encombré de tables, de guéridons, de coffres dans et sous lesquels sont déposés tous les accessoires qui vont servir aux trois interprètes pour appuyer leur démonstration.
Ils sont fous, ces trois-là ! Le Néerlandais Matthias de Koning, membre de Discordia qui date de 1980 et est basée à Amsterdam, a été le professeur du groupe Tg STAN, créé en 1989 à Anvers et que représente ici Damiaan De Schrijver. Avec eux, Peter Van den Eede représente, lui, le groupe De Koe, créé lui aussi en 1989 à Anvers. On commence à connaître Tg STAN, qui a présenté plusieurs spectacles à Paris, de la Cité universitaire au centre Pompidou et au théâtre de la Bastille où, l'an dernier, on avait applaudi « Tout est calme », d'après Thomas Bemhard. On ne connaît pas bien les deux autres compagnies.
Mais toutes sont représentatives d'une manière d'aborder le théâtre qui laisse une grande autonomie aux acteurs et techniciens et se soucie peu d'installer un metteur en scène unique en position dominante. Les recherches sont collectives, ce qui n'interdit pas une forte personnalité du jeu de chacun, comme le démontre ce formidable spectacle.
Trois acteurs irrésistibles, ces trois-là, qui se disputent jusqu'aux bagarres physiques, qui se fraient un chemin parmi les pensées de Diderot (« le Paradoxe sur le comédien ») comme parmi l'incroyable bric-à-brac du décor. Cela s'intitule(sans majuscules, ni ponctuation !) « du serment de l'écrivain du roi et de diderot ». C'est une flânerie d'apparence désinvolte, mais très aiguë en réalité.
C'est drôle, féroce, intelligent, tonitruant. C'est carnavalesque et cela montre comment la pensée, littéralement, brinquebale... Très loin des sagesses cartésiennes, un spectacle qui déménage !
A.H
Source Texte : Le Quotidien du Médecin 3 déc 2003
Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Compagnie TG STAN (Metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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