Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Dans le silence, la douceur attachante du juvénile Tiago Guedes.

Un spectacle avec première annoncée.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Tiago Guedes chorégraphe-interprète

Texte : Dans le silence, la douceur attachante du juvénile Tiago Guedes

Le Théâtre de la Bastille à Paris présente de jeunes chorégraphes portugais.
Lancée en novembre, l'opération Les Complicités portugaises, présentée au Théâtre de la Bastille à Paris, résulte d'une idée simple et généreuse : introduire auprès du public français de jeunes artistes inconnus, soutenus par les deux pionniers de la danse contemporaine portugaise, Vera Mantero et Joao Fiadeiro. Une manière d'élargir la photo de famille tout en soulignant l'entraide artistique et logistique existant actuellement à Lisbonne entre les chorégraphes. Ainsi Tiago Guedes, chorégraphe de 25 ans basé dans la capitale portugaise.
Allier Concept et naïveté
Avec un quatuor intitulé Un spectacle avec première annoncée, Tiago Guedes, passé par l'Ecole supérieure de danse de Lisbonne, se met au pied du mur : en pleine crise artistique, il n'a qu'une seule certitude, la date de programmation de sa future pièce. Que faire, misère, pour affronter le grand méchant stress de la page blanche ? Ni une, ni deux, Tiago Guedes sort le kit de survie du jeune chorégraphe et met en scène l'élaboration d'une pièce. Point par point, pas à pas, le chorégraphe dissèque les différentes étapes de construction, de l'audition des danseurs à la première en passant par les séances d'entraînement.
Sur ce canevas somme toute sans grande surprise, il brode avec délicatesse des détails savoureux. Qui inspire quoi ? Quel geste chorégraphique impulse l'attitude extravertie d'un rocker hurlant ? Ou celle, plus quotidienne, d'une femme en train de frotter le crâne d'un homme ? Le charme de cette pièce : allier concept et naïveté avec une foi palpable dans le théâtre.
Choisissant de jouer dans le silence complet, Tiago Guedes réussit à ne pas le dramatiser pour en faire une bande-son mais à lui conserver son goût quotidien. Sur la même longueur d'ondes, les danseurs vaquent presque comme si de rien n'était. Elle lit le journal en se massant les orteils, il vide son sac à dos. En suivant pas à pas chacune des propositions de travail du chorégraphe, on croit voir parfois un jeune garçon qui découpe des images dans son album et les pose sur scène les unes à côté des autres. Ainsi, les interprètes se retrouvent bientôt déguisés avec des costumes confectionnés dans du papier journal qui rappellent les figurines sur lesquelles on accroche une garde-robe en carton.
De cette volontaire non-représentation, Tiago Guedes fait paradoxalement un spectacle qui, pour être très dénudé, n'en tient pas moins la route. Entre séquence de cinéma muet et atelier de construction, Un spectacle avec première annoncée libère une douceur attachante à l'image de la silhouette juvénile de Tiago Guedes.
Rosita Boisseau



Source Externe : Le monde Jeudi 15 Janvier 2004


Inséré le : 15/01/2004 00:00