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Un solo Présentation
Un solo
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Tiago Guedes chorégraphe-interprète
Texte : Un solo
de Tiago Guedes
PrésentationComment le privé est-il révélateur de ce que je suis vraiment ?
un soloMon chez-moi comme refuge
Routine comme acquis
Privé comme public
Découragement comme épicentreTiago GuedesC'est un grand plaisir que d'écouter un artiste parler de son travail mais aussi de ses rencontres, de ce qu'il a aimé voir et entendre... D'où le désir de rencontrer celles et ceux qui ont suscité tant d'enthousiasme.
Il est réjouissant et parfois même troublant, de voir et de revoir une œuvre vivante passer les années : la mémoire du corps, celle du spectateur face à l'altération du temps.
Cela nous a incités à présenter (en coréalisation avec le Centre national de la danse) deux des chorégraphes/performers portugais les plus importants de leur génération, reconnus bien au-delà de leurs frontières. Déjà invités avec d'autres pièces à la Bastille, Vera Mantero et João Fiadeiro ont présenté en novembre 2003 chacun deux solos, anciens pour certains de plus de dix ans, en re-création permanente.
Nous accueillerons en janvier trois pièces de deux chorégraphes/interprètes que João Fiadeiro et Vera Mantero ont associés à leurs structures de création (respectivement RE.AL et O Rumo do Fumo). Ainsi, le travail singulier de Tiago Guedes et de Miguel Pereira nous permettra de découvrir deux artistes encore inconnus en France.
Et puisque des plaisirs ne viennent jamais seuls, Vera Mantero, accompagnée par la guitare de Pedro Pinto, nous chantera en ce début d'année 2004 les poèmes de Caetano Veloso.
Mon chez-moi est bien souvent mon seul refuge. Combien de fois déjà ne m'y suis-je pas précipité en courant, effrayé par la rue, les gens, la circulation, les petites vieilles, les enfants et, par-dessus tout, par mon Moi social qui souvent domine et annihile qui je suis vraiment. Ce n'est qu'entre les quatre murs qui délimitent mon "territoire" que je cesse de m'assujettir à toutes ces quotidiennes adversités, à mon incontrôlable fausseté et à l'hypocrisie de mes dissimulations. à l'intérieur de mon chez-moi, je parviens à être ce que je suis, sans aucun type de conduites morales et sociales spéciales, il n'y a que moi ici. Bien que tout puisse arriver et arrive, la forme spontanée avec laquelle cela se produit révèle que rien ni personne dans cet espace n'interfère avec moi. Comment le privé est-il révélateur de ce que je suis vraiment ? Comment expliquer que les choses qui me surprennent vraiment n'arrivent que quand je suis seul et sans que je les aie décidées à l'avance ? Pourquoi est-ce que j'attache un tel prix à cette barrière de territoires qui, au fond, est une barrière entre deux personnalités ? «La vie privée n'est pas une réalité naturelle qui existe depuis l'origine des temps ; c'est une réalité historique construite de formes différentes par des sociétés déterminées [...]. Il n'y a pas de vie privée avec des limites définies une fois pour toutes, mais une séquence, elle-même mutante, de l'activité humaine entre la sphère privée et la sphère publique [...]. La différenciation accrue entre le privé et le public dans l'ensemble de la société modifie aussi bien la vie privée que la vie publique [...]. L'une et l'autre ne se déroulent plus de la même manière ni selon les mêmes règles. En même temps que leurs frontières se déplacent et se précisent, leur substance se transforme».
Antoine Prost
Source Externe : THéâtre de la Bastille
Inséré le : 17/12/2003 00:00