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Les repas HYC
Les repas HYC
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Christophe HUYSMAN Metteur en scène
Texte : Les repas HYC
Christophe Huysman cuisine nos mots avec une truculence railleuseLa parole comme jaillissement intarissable, comme matière à concasser pour extraire d'entre les lettres la force bruissante de la vie... Christophe Huysman drague le fleuve de nos mots, empli de larmes, de sueurs et de gouttes de bonheur ; il en extirpe les vieilles godasses et les pépites d'or. Artiste expérimental, il poursuit d'œuvre en œuvre la démarche singulière qu'il a faite sienne : aller à la rencontre du monde, se laisser bouleverser par le regard d'un battement de cil, s'amuser de la cocasserie ordinaire. Collecter des fragments de vécu, petits cailloux de son théâtre documentaire. Pour
Les Repas HYC, il a durant deux ans rassemblé autour d'une table des hommes politiques, un médecin, un musicien, un ouvrier, un architecte, un prof... Puis il a réécouté ces conversations où s'enlaçaient grandes et petites histoires, moments poétiques et saynètes triviales. Il a piqué ça et là des bribes de phrases, les a mixées avec quelques lampées de son humour fantasque pour composer une partition pour sept voix.
Epopée chorale du logosCette pièce sans personnages caracole comme une épopée chorale du logos. Le verbe gambade, espiègle en diable, zigzague entre l'incongru et l'impertinent, enjambe les non-sens. Pause. Points de suspension. Soupirs. Double croche... et puis repart, lance un pied-de-nez aux tête-à-queue du langage et s'esquive dare-dare pour filouter entre la poire et le fromage. Il grignote de vagues frites en plastique, d'improbables chips graisseuses, tout lâchant réflexions politiques sur le monde comme il ne va pas, considérations philosophiques sur la vie comme elle va et confidences sur le K.O. intime de l'existence. A travers cette logorrhée tourbillonnante de propos mâchouillés, Christophe Huysman étrille la vacuité des discours, politiques, sociaux, commerciaux, sentimentaux...., où les mots ne sont plus qu'emplâtres pour colmater les brèches béantes de la non-pensée. Jusqu'au vertige, jusqu'à l'écœurement. Les sept jeunes comédiens s'emparent de cette écriture affolée (qui n'est pas sans rappeler celle de Noëlle Renaude), avec une énergie tenue qui fait vibrer la musicalité de la langue. Dans une chorégraphie parfaitement réglée, ils jonglent avec les sonorités, tarabustent le texte à la pointe d'une ironie narquoise, triturent les poncifs de l'air du temps... la nouvelle économie, le chômage, le sida... Certes, ce zapping incessant s'épuise par moments. Mais comme dit Jacques Rebotier, autre poète :
“ Les ouvertures dans la parole sont les pensées. ” Gwénola David
Source Externe : La terrasse mer 3 déc 2003
Inséré le : 03/12/2003 00:00