Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Les repas HYC Présentation.

Les repas HYC


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Christophe HUYSMAN Metteur en scène

Texte : Les repas HYC
Texte et mise en scène de Christophe Huysman
Présentation
.

Intéressé par la parole de certaines personnes, par une attitude qu'elles avaient par rapport à la vie, j'ai organisé des repas, étalés sur deux ans, avec des hommes politiques, un médecin, un musicien, un ouvrier, un architecte, un prof... Les participants variaient d'un repas à l'autre. Pendant ces repas, on parlait beaucoup d'actualité politique, mais aussi des petites transactions de tous les jours, d'actualité intime. Je n'ai pas retranscrit les conversations. J'ai réécouté l'intégralité des discussions et j'en ai fait... de la musique... du rythme, de la parole, de la cocasserie aussi. Dans cette pièce, il n'y a pas de personnages. Il y a sept voix. Reste leur corporalité à inventer.
Il s'agit d'une écriture dans l'aujourd'hui et dans la musicalité extraordinaire de la parole de l'homme ordinaire, sa construction, sa circulation, son vertige, son écœurement, ses coq-à-l'âne, etc. Et l'incidence du politique sur l'intime, la tenue de l'être dans l'espace - son espace immédiat, mais aussi les espaces de la mémoire - cette tenue chaotique visiblement imparfaite. Un théâtre documentaire dont je parle souvent concernant l'aventure HYC. Pas de discours, pas de délivrance, aucune “évolution dramatique" comme on dit : le champ du théâtre reste intact, à promouvoir ; le texte est repéré comme une matière d'expérimentations où le jeu de l'acteur est graphique, organique, phonique et bien évidemment collectif. Je travaille la langue directement dans la matière du chœur. Le mot "relief" semble conducteur du projet : du bas-relief aux reliefs du repas, jusqu'au relief du corps, la silhouette.
Christophe Huysman

Les repas HYC

Comment le Laboratoire mobile est une force vitale dans l'élaboration de mes spectacles : une démarche d'auteur, une action de compagnie, une volonté fédératrice.

La démarche peut paraître singulière, et dans le paysage actuel, c'est une démarche singulière car avant tout respectueuse ; respectueuse de chaque artiste (j'ai toujours considéré les recherches techniques comme artistiques, cela va de soi), respectueuse des expérimentations que chacun mène (théâtre, cirque, son, lumière, multimédia, etc.). C'est ici, comme je le dis souvent, affirmer notre position d'artiste et de recherche comme un réel exercice de liberté.

Première aventure : performance novembre 2002

Cette performance qui vient de s'achever au Garage Moderne à Bordeaux dans le cadre du festival Les Grandes Traversées a permis non seulement de rencontrer un public large (près de huit cent spectateurs ont traversé Le Monde HYC) et ainsi, sur dix jours de travail non-stop, en compagnie d'artistes de différentes disciplines, d'épanouir ces échanges de manière concrète : en action. La consigne était pour chacun des artistes invités d'articuler deux cent trente-sept conversations du texte avec ses propres moyens techniques. C'est pour moi une grande réussite humaine, car au-delà de ce que j'en retiendrai comme traces dans le spectacle à venir, cette performance a permis l'envie de nouveaux spectacles liés à de nouvelles rencontres entre artistes. En cela, la mission de la compagnie est respectée.

Seconde aventure : une forme de spectacle destinée au théâtre (création automne 2003)
Marionnette des corps, mécanique de la langue. Cette écriture (Les Repas HYC ), sa mise en scène, en représentation est la suite de mon travail d'auteur et fédérateur de projets concernant directement le théâtre, ce qui fonde le théâtre : cette exigence du moment, de l'aujourd'hui dans la parole, sa construction ; la construction de la parole, sa circulation, son vertige, son écoeurement, sa cocasserie, ses coq-à-l'âne etc... Et l'incidence du politique sur l'intime, la tenue de l'être dans l'espace - son espace immédiat, mais aussi les espaces de la mémoire - cette tenue chaotique visiblement imparfaite. Et cela a toujours été ce vertige-là - aussi ténu et proche de notre existence soit-il - ce constat, ce réceptacle, ce théâtre documentaire dont je parle souvent concernant l'aventure HYC qui a mené mes travaux d'écriture ces derniers temps. Cette aventure des Repas HYC est particulièrement représentative de cette “mise en état de travail”, cette continuité de la rotation des faits qui nous entourent, cet archivage régulier que nous menons hors des formats de captation standard, la transmission et l'échange permanents avec d'autres disciplines (danse, musique, multimédias, son, lumière) ; et c'est en cela qu'il y a avant tout projet d'auteur, car c'est le texte qui impose le sens même de la scène, la forme déployée et la réception des spectateurs, autre élément de réflexion permanent dans mon écriture.
Je me rapproche aujourd'hui des acteurs de théâtre pour ce projet. J'ai besoin d'eux. Je me rapproche de la structure de travail proposée avec Les hommes dégringolés où trente-sept corps bouleversés photographiaient la réalité carnassière d'un univers déboussolé. Dans Les repas HYC, la réalité tout aussi carnassière n'a pas le même son, l'univers y résonne “raidement” dans une compression de phrasé, le fil rapidement tissé de la conversation plein de “trous” et de “résurgences”, de “phrases définitives”, de rythmiques cocasses etc. Une pulsation de la parole qui fuse, la nôtre.

Christophe Huysman


Source Externe : Théâtre de la Bastille


Inséré le : 23/10/2003 00:00