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L'incarnation de la jalousie.
La tragédie d'Othello.
On ne présente plus Othello. L'incarnation de la Jalousie avec un grand « j » dans l'inconscient collectif et culturel de la moitié du globe . Le théâtre de Shakespeare est universel et intemporel. Les émotions dépeintes nous correspondent, que I'on vive au fond de la campagne cévenole ou au cœur de la City londonienne, que I' on soit homme du XVIIème ou du XXIème siècle. Nous hurlons avec Othello, tremblons avec Cassio, pleurons avec Desdemone, ricanons avec lago . Othello mis en scène par Kondzot, c'est encore une autre histoire .
La disposition du public est remarquable : les places sont installées tout autour de la scène qui est dénuée de décors. Sur le sol, un motif en forme de toile d'araignée semble être un symbole du piège que pose lago à Othello et Desdemone (Acte II Scène 1 lago : une toile d'araignée aussi mince me suffira... ). Pas de rideaux. Des lanternes posées au sol délimitent le terrain de jeu des acteurs qui jouent à quelques mètres du public, entrent et sortent de partout. On est constamment au cœur de I'action; pas de répit pour le spectateur. La distribution y est réduite au plus simple, les décors, comme le faisait le dramaturge en son temps sont juste mentionnés. L'intrigue est réduite à I'essentiel. On regrette juste que les costumes ne soient pas à la hauteur de la qualité du spectacle. Mais tout ceci laisse la place à un jeu avec les codes de la tragédie, avec la position du spectateur, avec la place du comédien contemporain dans une pièce 50 fois plus vieille que lui...
Les acteurs sont excellents : lago le nihiliste (Z. Gouram) est fascinant et sa sensualité, son talent machiavélique charment le public. Othello (E. Montoute), nous fait trembler lorsqu'il entre en rage contre sa femme, la belle Desdemone (C. Willemez). La tragédie est rythmée avec une grande poésie par un des plus grands guitaristes flamenco Français : Daniel Manzana . Sa guitare, que Kondzot considère comme une actrice à part entière, vibre avec la pièce et sait faire trembler I'auditoire lors de la scène du meurtre, apogée de la tragédie
Nous avons tenu à rencontrer le jeune metteur en scène, Gaëtan Kondzot et deux de ses acteurs, Benoît Bellal et Laurence Haziza ( Lodovico et Emilia ). G. Kondzot considère que « La mise en scène est un défi permanent » ; il a cherché à rendre la pièce «audible» : la langue de Shakespeare est très métaphorique, très imagée .Plusieurs critiques le lui ont reproché, dont Fabienne Pascaud qui considère que ( je cite ) : « le jeune Gaëtan Kondzot a aplati la pièce jusqu'à I' enfantillage » . En effet, la pièce a été injustement incendiée par la plupart des critiques .Pourtant, la pièce a un grand succès auprès du public. Cette excellente mise en scène de La tragédie d'Othello est I'événement théâtre de ce début d'année. A voir absolument !
Laurent Shirmeyer.
Source Texte : Théâtre de la Bastille (Lycée François 1er)
Genre : atelier
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : William SHAKESPEARE (auteur), Gaëtan KONDZOT (Metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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