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Instantané les surlignages de Dunn et Lacy


Muscle Shoals






A ses débuts, en 1971 ; le chorégraphe Douglas Dunn avait travaillé sur la notion : d'immobilité. Dans Muscle Shoals, présenté au Théâtre de la Bastille, à Paris, il est dorénavant question d'« activité débordante », comme le dit Dunn dans le récitatif qui accompagne les saccades, soubresauts et contorsions des cinq danseurs, créatures simiesques et rampantes. Dunn observe les deux mâles et trois femelles pour le compte d'employeurs de la «dimension». Il est perplexe. Nous aussi durant l'heure de ce spectacle conçu par Dunn, le vidéaste Charles Atlas, l'éclairagiste Carol Mullins et le compositeur et saxophoniste Steve Lacy - déjà associés il y a plusieurs années dans Landing.
A part quelques moments de jaillissement, cette collaboration à quatre ne dégage pas de propositions complémentaires, mais un effet quasi permanent de surlignage. Lorsque émerge, d'un agrégat de corps, une ligne de fuite ondulante, des volutes de fumées sont projetées sur un écran, Lacy emprunte la courbe d'une gamme montante et descendante. Que les corps se fracassent les uns contre les autres et le clavecin, joué par Petja Kaufman, a des emballements, les images se brouillent, les lumières montent en intensité...
S'il s'agit d'un parti pris, il ne touche guère. Si c'est une réflexion non aboutie -grossissement d'un mouvement par la vidéo, balancement entre musique et mouvement- c'est dommage. Le nom de « Muscle Shoals » continuera de ramener d'abord à cette ville de l'Alabama dont les studios d'enregistrements furent fréquentés par la quasi-totalité des artistes de rhythm'n'blues, de la soul et du rock dans les années 1960 et 1970.

Sylvain Siclier





Source Texte : Le Monde 25 février 2003

Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Douglas DUNN (chorégraphe-interprète), Steeve LACY (musicien),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

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