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La colline des vielles dames Présentation


La colline des vielles dames






La colline des vieilles dames

spectacle du collectif théâtre/musique
walpurgis

Calligramme - il pleut

Il pleut des voix de femmes
comme si elles étaient mortes même dans le souvenir
C'est vous aussi qu'il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô goutelettes
et ces nuages cabrés se prennent à hennir
tout un univers de villes auriculaires
écoute s'il pleut tandis que le regret et le
dédain pleurent une ancienne musique
écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas


Guillaume Apollinaire

Klaas de Vries à propos de la musique du spectacle


Deux voix féminines seulement portent le discours musical ; il est vrai qu'elles sont épaulées par l'électronique, tant en direct que par le biais d'enregistrements. à côté des deux voix, les sources sonores du traitement électronique sont une vaste gamme de sonorités métalliques, provenant de cloches. Les voix et les cloches connaissent un développement autonome, chacune de leur côté, mais elles peuvent aussi être mises en rapport de diverses façons : contraste, accompagnement (premier plan/arrière-plan), interprétation et mélange ou fusion complète. Dans trois compositions, l'électronique occupe une position de premier plan. Ces trois morceaux de Klaas de Vries ont été écrits sur des textes (des notes dans un journal intime) de l'artiste mexicaine Frida Kahlo, compagne du célèbre peintre Diego Rivera et sur des poèmes du poète mexicain Jaime Sabines. Marquant le début, le milieu et la fin du spectacle, ils associent tous les trois les cloches, les voix et l'électronique.

L'ouverture est une danse rapide où les chanteuses passent progressivement de simples mouvements - notamment des lèvres et de la langue, mais sans produire de sons - au chant pleinement articulé, en passant par la production de consonnes occlusives. Le concept central du texte et de la musique est la transgression presque violente des limites. Entrer, ouvrir de force, prendre la parole ; les cris et l'écho, mais aussi le vol (fendre l'air) ; graver son nom, transpercer (un mur, la peau, le silence). Les deux voix s'élèvent selon des rythmes complémentaires ou s'entremêlent dans des compositions caractérisées par des contrastes soudains de tempo, registre, rythme, dynamique et complexité (du simple unisson à la polyphonie canonique). La composition centrale est entièrement différente.
C'est une pièce nocturne où les voix sortent à peine du registre parlé dans leur récitatif et où les cloches du début ne résonnent plus que sous la forme de réminiscences (additionnées, elles constituent des accords sombres, longuement étirés). Ici, le texte parle du manque, du vide. Les chanteuses répètent les paroles de l'autre au lieu de répondre. En n'étant que leur écho réciproque, elles accentuent le sentiment de vide et de distance.

La dernière partie, la plus courte, est un choral. La musique s'y est véritablement figée autour d'un coup de cloche constamment répété. Pour finir, l'électronique gèle les sonorités du chant jusqu'à l'arrêt complet - c'est l'arrêt d'avant le début.

Dans son ensemble, le spectacle - comprenant également deux compositions sur un même texte (Calligramme - il pleut des voix de femmes d'Apollinaire), respectivement de Rob Zuidam et Kaija Saariaho, un second texte d'Apollinaire (Mutation), également mis en musique par Zuidam, et deux solos (Lluvia pour mezzo soprano et Il pleut de Saariaho pour soprano) - possède une espèce de symétrie boiteuse. à travers cette structure symétrique serpente une composition brève et simple de Claude Vivier, dont des bribes - déformées par l'électronique ou non - sont répétées au fur et à mesure. Comme un spectre, cette musique entièrement statique erre à travers le spectacle, établissant des rapports où il n'en existe peut-être pas, mais les mettant aussi à jour là où ils sont bien réels (Vivier - de Vries - Zuidam). Le texte de Claude Vivier sert de devise à l'ensemble du spectacle.
La structure musicale symétrique correspond à un certain nombre d'autres symétries dominant le spectacle dans son ensemble : jour-nuit-jour, départ/ mouvement-passage (ascendant)-stagnation/adieu.
La musique est généralement une réminiscence ou une annonce, se référant à un ailleurs dans le temps ou l'espace (cf. Vivier).

La vie, le rêve, la mort... des voix venues de différents univers - ou époques - se croisent. Nous ne savons pas à qui elles appartiennent. Ayant subi un traitement électronique - qui les ralentit, accélère ou fait changer de teinte - elles se modifient en permanence ; de temps en temps, elles se densifient pour former une véritable pluie vocale, fusionnant avec la musique résonnant à ce moment-là.

En raison de l'absence d'une ligne narrative unique (il y en a plusieurs) et de l'emploi de plusieurs langues (néerlandais, français, allemand et espagnol), tous les éléments du spectacle (espace et lumière, gestuelle, texte et musique) atteignent presque à l'abstraction de la musique. Cela ne signifie pas “que le spectacle ne parle de rien”. Comme dans la musique, le sens surgit des associations d'idées, des rapports établis entre différents moments, différents éléments.

Même si ce sens peut faire l'objet d'interprétations multiples, il n'est certainement pas fortuit. La structure formelle, le contenu textuel, l'élaboration musicale, la dynamique spatiale et gestuelle, l'éclairage atmosphérique tournent tout le temps autour d'un même noyau, envoyant par la même occasion les sens qu'y attribue le spectateur/auditeur à ce noyau, qui ne peut toutefois être décrit en quelques mots. Par conséquent, notre spectacle se qualifie peut-être de préférence de “poésie théâtrale”.

Reste à répondre à la question élémentaire et parfaitement justifiée : “Qui sont ces femmes sur scène et qu'y font-elles ?”. La réponse n'est pas simple. Souvent, elles ne sont rien d'autre que deux chanteuses et/ou danseuses. à d'autres moments, elles revêtent différentes formes : celle du Diable (Monolog des Teufels), de deux anges (Vivier), de deux femmes en conversation (Il pleut), de femmes solitaires, seules dans la nuit, attendant leurs amants (nuit), d'esprits égarés, parlant depuis un autre monde (la voix et le corps sont dissociés), de deux étranges oiseaux (intermèdes), de deux femmes se rendant en courant à un mariage, ou peut-être à un enterrement (sonnerie de cloches).

Vie-sommeil-rêve-mort. Métamorphoses. La transgression de limites imposées par la réalité, qui n'est possible qu'à travers l'illusion de la poésie, de la musique et du théâtre. L'impossibilité ultime d'assouvir ce désir - tout désir.

La révélation annoncée qui ne se concrétise cependant jamais.
Borges

La métamorphose de la maison de production en ensemble

Walpurgis est un collectif théâtre/musique spécialisé, depuis sa formation en 1989, dans la création de spectacles de théâtre musical contemporain de petite envergure.
Lukas Pairon (Ictus) fut pendant dix ans le directeur artistique de WALPURGIS ; en mars 1999, il passa le flambeau à la soprano Judith Vindevogel.

WALPURGIS a passé des commandes d'écriture et de composition à des auteurs et compositeurs tels que Josse De Pauw, Elvis Peeters, Luc Brewaeys, Peter Vermeersch, François Deppe, Wolfgang Rihm, Luc Mishalle, Harry De Wit, Petra Vermote et d'autres encore.


Depuis 1993, WALPURGIS bénéficie d'une aide structurelle de la part de la Communauté flamande et réalise ses projets avec l'appui de partenaires belges et étrangers de grande renommée, dont le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles, le Centre d'Arts Vooruit à Gand, Ictus à Bruxelles, deSingel à Anvers, Nieuwpoorttheater à Gand, le Goethe Institut à Bruxelles, l'IRCAM à Paris, l'Hippodrome à Douai, l'Atelier du Rhin à Colmar, Holland Festival à Amsterdam, Brigthon Festival, De Ysbreker à Amsterdam.



Avec ses pièces Mignon, Saterzang-Antigone, De oplosbare vis, Nooit meer slapen, Harawi, Robinson, Charms, Alles ist er/Sindsdien val ik, Aventures, Etude#31 et La petite sirène, WALPURGIS s'est produit dans les plus grands théâtres et festivals d'Europe. Le collectif théâtre/musique WALPURGIS estime qu'il est important de se rapprocher du courant actuel de jeunes créateurs de théâtre et chorégraphes, pour qu'à côté de l'opéra traditionnel puisse naître un théâtre musical véritablement novateur. La caractéristique principale de cette nouvelle forme de théâtre est l'émancipation et la responsabilisation des interprètes au cours du processus de création.
Grâce au redoublement de ses subventions structurelles en juillet 2001, WALPURGIS a reçu de la part du Ministère de la Communauté flamande les moyens financiers nécessaires pour réaliser ses activités en tant que collectif d'interprètes, spécialisé dans le théâtre musical contemporain. Si de telles structures sont courantes dans le domaine du théâtre de texte, il n'en existait encore aucune dans l'univers de l'opéra et du théâtre musical.

A l'avenir, le dialogue artistique déjà largement entamé avec la soprano coloratur Rolande Van der Paal, le baryton Romain Bischoff, le compositeur Peter Vermeersch, la compagnie de théâtre De Roovers, l'illustratrice Gerda Dendooven et la pianiste Christel Kessels sera poursuivi et approfondi. Par ailleurs, en proposant le Festival Feniks annuel, le collectif théâtre/musique WALPURGIS souhaite créer un lieu de rencontre pouvant servir de base à des collaborations à long terme avec des compositeurs, gens de théâtre, instrumentalistes et chanteurs artistiquement proches.

Le noyau artistique

Le noyau artistique du collectif théâtre/musique WALPURGIS se compose de la soprano Judith Vindevogel, de la mezzo-soprano Gerrie de Vries et du scénographe Stef Depover. Une nouvelle donnée importante au sein de WALPURGIS est l'élargissement du duo de chanteuses pour former un petit ensemble vocal, réunissant des chanteurs professionnels profondément intéressés par les arts de la scène et souhaitant suivre à long terme un parcours artistique commun. L'ensemble vocal WALPURGIS se compose actuellement de la soprano coloratur Rolande Van der Paal, de la soprano Judith Vindevogel, de la mezzo-soprano Gerrie de Vries et du baryton Romain Bischoff.



Source Texte : Théâtre de la bastille.

Genre : texte d'artiste
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : WALPURGIS (collectif),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

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