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Vêtir ceux qui sont nus.
Vêtir ceux qui sont nus.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Gustavo FRIGERIO Metteur en scène
Luigi PIRANDELLO auteur
Texte : L'amour est plus froid que la mort, disait Rainer Werner Fassbinder. Il y a, dans ce ballet de corps avides tournant autour de leur proie, composé par le metteur en scène italien Gustavo Frigerio, une radicalité proche de celle du cinéaste allemand - proche de Pasolini, aussi.
Vêtir ceux qui sont nus est d'abord une histoire d'identité, comme toujours chez Pirandello, l'identité spoliée, niée, de ceux qui, dépouillés de tout vêtement social, se retrouvent totalement nus devant la cruauté des autres.
C'est, aussi, une pièce sur le désir cannibale dont est l'objet - c'est bien le mot - une jeune fille solitaire, victime expiatoire d'une bande d'hommes unis dans la nécessité de préserver les masques qui les font tenir debout.
"Combat de chiens entre un troupeau de mâles et une seule femelle", écrit le metteur en scène. Gustavo Frigerio, encore méconnu en France où ont surtout été montrées ses mises en scène d'opéra
(Curlew River) de Benjamin Britten au Théâtre de Caen en 1993,
La Confession impudique de Bernard Cavanna d'après Tanizaki à la Maison de la musique de Nanterre en 2000), ne garde que le squelette du texte de Pirandello. Musique signée Nine Inch Nails, chansons du Velvet Underground et de Nico -
Sunday Morning, Venus in Furs... -, décor dépouillé : seul compte le choc des corps et des mots, pour mettre à nu la lucidité féroce de l'auteur sicilien face aux jeux du désir et de la mort.
Fabienne Darge
Source Externe : Le Monde lundi 17 mars 2003.
Inséré le : 18/03/2003 00:00