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Moscou sur scène

En même temps


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Evguéni GRICHKOVETS acteur

Texte : Un instantané du théâtre russe le plus actuel programmé dans cinq lieux parisiens

De Lev Dodine à Piotr Fomenko récemment, avec son excellente et brillante adaptation du début de Guerre et Paix de Tolstoï, les spectateurs français ont eu la chance de découvrir un théâtre russe dynamique, empreint de grâce et d'inventivité. Outre ces maîtres au talent immense, les directeurs de théâtres parisiens ont voulu faire découvrir au public de nouveaux talents représentatifs des tendances actuelles de la scène moscovite. Ils ont donc sillonné Moscou pendant deux ans, et ont effectivement rencontré de jeunes auteurs, metteurs en scène, comédiens indépendants, au talent prometteur. Plus de soixante-dix artistes moscovites, pour la plupart âgés d'à peine trente ans, viennent présenter huit créations à Paris dans cinq théâtres différents (voir ci-dessous les lieux concernés). Dès 1998, le Festival du Nouveau Théâtre Européen à Moscou a permis l'émergence de diverses pratiques théâtrales. Et en 2001, le projet Miroir Est- (Ou) est a permis la découverte en France de nouveaux auteurs russes, grâce aux éditions Les Solitaires Intempestifs et au festival Passage à Nancy. À Moscou des lieux de création inédits sont nés, parallèlement à des ateliers d'écriture et des éditions de textes contemporains. Cinq spectacles sont d'ailleurs des textes contemporains très récents. Parmi ces créations. Comment j'ai mangé du chien, monologue autobiographique qui narre l'expérience de l'auteur durant son service militaire dans la flotte de l'Extrême-Orient russe, et En même temps, observation introspective et digressive de l'histoire de l'humanité, de et par Evguéni Grichkovets, deux pièces programmées au théâtre de la Bastille. À voir aussi deux spectacles au théâtre Silvia Monfort. La sensation de la barbe de Ksénia Dragounskaïa dans une mise en scène de Olga Soubbotina, où un berger qui veut devenir poète assassine le directeur du kolkhoze parce qu'il refuse de le laisser partir à Moscou. Quelques questions sensibles sont abordées : écart entre la ville et la campagne, stupidité des dirigeants, naïveté du peuple, alcoolisme.

Des spectacles primés
La pâte à modeler de Vassili Sigariov, mise en scène Cyril Serebrennikov, explore le monde glauque des bas-fonds. Seul un personnage honnête et inoffensif détonne... Au théâtre de la Cité Internationale. Les Apiculteurs mise en scène Nikolai Rostchine s'inspire des tableaux de Peter Bruegel l'ancien et Jérôme Bosch. C'est la seule pièce purement visuelle, par le collectif La Nef des Fous. Et Les rêves écrits et mis en scène par Ivan Viripaev dissèque les rêves d'une jeune fille dont les « héros » sont toxicomanes, et explore ainsi l'inconscient et un insondable besoin de dépendance. Au théâtre Molière, L'amour de la révolution ou la révolution de l'amour par Bruno Niver met en scène des textes de Blok, Maïakovski et Essenine, trois poètes lyriques à la fois révolutionnaires et victimes. Entre nous de Christophe Feutrier au théâtre Paris-Villette s'inspire de textes populaires et contemporains pour analyser la naissance de la pensée. Des lignes esthétiques variées pour un théâtre aux prises avec le réel. Et des spectacles primés et salués par la critique.

Agnés Santi





Source Externe : La terrasse novembre 2002


Inséré le : 06/03/2003 00:00