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L'Homosexuel ou...
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
COPI auteur
Jean-Michel Rabeux Metteur en scène
Texte : Au pays de la glace qu'on ne suce pas, il faut la briser, la faire fondre ; une chanson chaude... quézàs, quézàs, quézàs. La scène est une banquise percée, une paillasse ; des fois que l'humain, faille disséquer. Dans un monde trop blanc, ne vois tu rien percer ? Tête de poupée, aux yeux ronds d'être roulée dans la poudre écarlate. Le danger saurait encore être là, que le besoin de sortir... ses jambes, pour tout dire, captiver. Nous voilà dans un angle espace où les encoignures sont des êtres contre lesquels on se fend, s'écorche parce qu'ils détiennent les limites qu'ils ignorent. Cette poupée-Lolita, cette belle-objet, au confin, et autre raffinement est prise là dans une steppe où souffle la tendance givrée. Car bien sûr il en va de la meute alternative, immaculée, pourléchée, qui n'en veut que pour son bien. Quel est-il à elle ? quelle est-elle à lui ? A vrai dire sur cette patinoire de faïence tout est interchangeable. La Sibérie glisse elle-même, se laisse aller au Trans-Sibérien ; la banquise se meut en piedestal comme un meuble androgyne, et la langue devient féminine ou virile en fonction de celui, qui sur vous l'utilise. Notre poupée russe y perd son caractère sibyllin, puisque personne ne veut l'entendre. Or elle réserve ses couches au fur et à démesure plus intimes, à l'avidité des pouvoirs grimés, à celui d'une mère maquerelle pas si Fellinienne ; au camarade décadent, épri Pasolinien, et autre généralissime huile au col d'hermine. Elle va tous les éclabousser, puisque c'est d'elle qu'en découle ; qu'en cela va-t-il les asperger ? On ne sait plus, il faut reprendre la leçon de chose. La poupée russe ouvre ses boites ; la tête accessoire, les fesse à l'aube cardinale montrent l'eunuque horizon rouge, le sexe pour lequel le froid n'a pas d'emprise ; son sexe à accorder quand son identification prédispose les jouissances. Lapper ses jambes qui touchent le fond du haut de ses splendeurs. Elle saute par le trou de l'échappatoire, dans le nombril des insatisfactions. Ils veulent la prendre davantage, ils n'ont pas tout vu. De son intérieur, elle va les repousser. Elle va saborder sa chair, elle va gâcher leur envie pour saigner sa vie. Se purger de leurs déjections, puisque c'est de sa propre orgie dont il s'agit. Voilà, elle sort de ce trou, des trous elle leur rend leur putridité ; accouche d'une souris pour ronger leurs sens. Quand le périscope de l'introspection pointe, il est trop tard. Elle vient de chamarrer sa jambe, étant d'art, de son sang. Le delta se déploie aux flux des veinures sanguines. Tout est perdu, tout est diffus, nous reste l'évocation d'un confluent, où coulent les grappes des orchidées entremêlées. C'est un acte fou pour une pièce folle qui se moque bien du genre.
Tous de se refuser d'affranchir le Rubiscon, tout part à Vau-l'eau, au gré des parties immergées de l'amour fleuve.
Frédéric Genée
Source Externe : Théâtre de la Bastille (Atelier d'écriture)
Inséré le : 04/03/2003 00:00