Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Clotilde Hesme mène le Baal
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Genre : théâtre (Mots-clés : )
Genre Ressource : portrait
Genre Agenda : théâtre
Rubrique : 2010-2011
Bertolt Brecht auteur
François Orsoni Metteur en scène
Texte : La comédienne incarne le rôle-titre masculin dans cette pièce antisociale de Brecht
ELLE PORTE le cheveu court qui lui fait la silhouette androgyne La très féminine Clotilde Hesme joue Baal le rôle titre d'une pièce de Brecht consacrée a un poète jouisseur et sans scrupule, amateur de bonne chère, d'alcool et de femmes Ce texte de jeunesse est présenté dans sa version primitive - il y en a eu cinq, l'auteur les reprenant tout au long de sa vie pour y élaguer ce qu'il y avait de plus intime et de désordonne Alors âge de 19 20
ans le jeune Brecht n'était pas encore le dramaturge didactique que l'on connaît
Dans cette première oeuvre il fait preuve d'un anarchisme sans complexe et ne recule devant aucune provocation antisociale. Son personnage se révèle paillard, égoïste sans égard pour les autres qu'il plie a ses désirs Mis en scène par François Orsoni pour le dernier Festival d'Avignon, il s'est trouve un public au cours d'une longue tournée corse avant de s'installer sur la scène du Théâtre de la Bastille Clotilde Hesme se promet d'« y faire le ma(â)l(e) » le mieux possible.
« Comment dire "Cette femme est enceinte de moi" ? » Ce n'est pas pour jouer le contre emploi spectaculaire que le metteur en scène a choisi la comédienne. Ils se connaissent de puis douze ans et constituent avec deux autres comédiens le noyau dur d'une troupe informelle qui s'est déjà frottée, avec bonheur, à un autre Brecht de jeunesse mais inachevé, Jean la Chance « François n'a pas songé a une femme pour le rôle mais a
moi parce que j'ai un appétit de vie et une démesure qui corres pondent au personnage » Ne s'est-elle pas d'ailleurs appelée Antoine pendant quelques mois de sa vie prénatale.
« Ce rôle était Inscrit dans mes gènes », s'amuse t elle II n'en reste pas moins que les
conventions du réalisme l'ont au début un peu déstabilisée face à certaines répliques. « Je me demandais bien comment j'allais pouvoir dire par exemple : "Cette femme est enceinte de moi." » Mais, à la réflexion, Baal lui est apparu comme un personnage très rimbaldien, et porteur d'une grande part de féminité. Cela n'a pas annulé les équivoques de la pièce mais les a seulement déplacées.
Un texte nihiliste écrit au sortir de la guerre :Et puis ce qui importe, c'est que « Baal soit amoral, asocial, qu'il décide de vivre selon ses désirs et son plaisir même s'il doit se détruire en s'opposant à la société». Toute la vitalité et les aspirations de l'adolescence se concentrent dans les manifestations du personnage. Si le texte porte une large part de nihilisme, c'est peut-être parce qu'il a été écrit en 1918, au lendemain de la guerre. La comédienne souligne à quel point Baal est « jubilatoire à
jouer : dans la réalité, je n'ose pas, mais ici je peux me permettre d'envoyer bouler toute une société de bourgeois complaisants : ça me plaît ».
Jean-Luc Bertet
Source Externe : Le Journal du Dimanche
Date de publication : 02/12/2010
Période traitée : 2010-11-30
Inséré le : 02/12/2010 17:17