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HAPPY CHILD par Eric Pessan


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Genre : danse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Genre Agenda : danse

Rubrique : 2009-2010

Nathalie BEASSE chorégraphe

Texte : 1. A tord, on croit que les secrets se terrent mieux dans l’ombre, dans les replis obscurs. Ici, tout est blanc ; immaculé, pense-t-on, virginal. La couleur est le premier renversement, le blanc éblouit comme une lampe fixée en face ; le blanc nous trompe, on nous a enseigné qu’il était pur, il est difficile de s’enlever certaines idées de la tête.

2. Réunion de famille, on pense à tous les drames solidement enfouis qui empoisonnent le passé des familles, les squelettes nombreux dans les placards. Les histoires derrière les polaroïds, jaunies mais encore vives.

3. L’optique a depuis longtemps établi que le blanc n’était en rien pur mais mélange des autres couleurs. Le blanc contient tout, il est une synthèse additive de faisceaux lumineux monochromes. Le blanc porte toutes les tares de toutes les couleurs.

4. Le blanc agit sur notre âme comme un grand silence, absolu pour nous (Vassily Kandinsky).

5. Alors, oui, tout est blanc comme le grand silence des non-dits, comme les évitements, comme la joie feinte.

6. Ils sont cinq, à se rencontrer, à se retrouver, perdus de vue sans doute depuis longtemps, mais sait-on jamais ? dans certaines familles l’effusion fait partie des codes obligés : s’est-on réunis le mois dernier qu’il faut tout de même se sauter dans les bras en adoptant des mines chavirées.

7. Ne manque que l’enfant à qui tout le monde répéterait « Mais qu’est-ce que tu as grandi ! ».

8. Happy child, J’étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets (Jean-Paul Sartre).

9. Ils sont heureux de se revoir, ils sont mangés par le poids de leur mémoire, ils ont peur, ils masquent la peur, ils jouent, ils se chahutent, déterrent de vieilles disputes, empêchent leurs mains maintenant adultes de renouer avec d’anciens gestes. A part égale, la sensualité et la violence lestent leurs mouvements retenus. A un moment, pour parler, ils usent des mots d’un

Source Externe : Théâtre de la Bastille
Date de publication : 08/12/2010


Période traitée : 2010-02-02
Inséré le : 08/12/2009 14:42